En pleine guerre commerciale, L'Oréal fait évoluer son management aux États-Unis. À compter du 1er janvier 2026, une fonction de président sera créée au sein de la filiale locale, parallèlement à la nomination d’un nouveau directeur général. «Ce rôle nouvellement créé de président de L’Oréal USA souligne l'importance stratégique du marché américain pour notre croissance future», indique Nicolas Hieronimus, le PDG du groupe, pour annoncer la nomination de David Greenberg à ce poste. Alexis Perakis-Valat, lui, est nommé directeur général.
27% des ventes de L'Oréal sont réalisées aux États-Unis et au Canada, où le groupe réalise 27% de son chiffre d’affaires, et que près de 50% des produits sont fabriqués aux États-Unis. Face à l’augmentation des droits de douane, le géant des produits de beauté n’avait pas exclu, de produire davantage de marchandises sur place, et de manière plus classique d’augmenter ses prix de vente. Le pays est un marché majeur pour les entreprises françaises de la beauté, puisque le marché américain se situe au deuxième rang des importateurs de produits cosmétiques français.
Alexis Perakis-Valat repart aux États-Unis
C’est donc un Français, Alexis Perakis-Valat, âgé de 54 ans, qui a été choisi pour prendre la direction générale de L'Oréal USA. Ce diplômé d’HEC est entré chez L’Oréal en 1994, à l’issue des études, au service marketing avant de prendre rapidement des postes de management : directeur général de Garnier Maybelline en Belgique en 1999, DG de la filiale espagnole de L’Oréal, DG de la marque de produits capillaires SoftSheen-Carson aux États-Unis, DG de la filiale allemande, et directeur général pour l’Europe entre 2009 et 2010.
Alexis Perakis-Valat s’envole ensuite pour Shanghai afin de diriger les activités chinoises jusqu’en 2013, et devient vice-président exécutif Asie-Pacifique au cours des trois années suivantes. Il entre alors au Comité exécutif du groupe. Depuis 2016, il était directeur général de la division Produits grand public, enregistrant «une croissance remarquable ; avec une augmentation des ventes de 12 à 16 milliards d'euros, tout en stimulant à la fois la rentabilité et les investissements dans les marques», se félicite L'Oréal.
David Greenberg reste aux commandes de L’Oréal USA
Pour sa part, David Greenberg change de titre, mais reste aux manettes de L’Oréal USA, puisqu’il en était directeur général depuis 2022, et président de la zone Amérique du Nord. Diplômé en économie de l'université Lehigh (Pennsylvanie) et d’un MBA de NYU Stern School of Business, il a également effectué l’intégralité de sa carrière chez L’Oréal, en entrant au marketing, sur les produits grand public, en 1993, avant de diriger cette même division, au Mexique, entre 1999 et 2003.
De retour aux États-Unis, il gravit les échelons chez L’Oréal USA, en prenant en charge le marketing de marques pour les professionnels puis en devenant directeur des ressources humaines entre 2005 et 2008. Après avoir dirigé les marques grand public Garnier, Maybelline et Essie, il assure, entre 2017 et 2022, le management de l’ensemble des produits destinés aux professionnels pour l’Amérique du Nord.
Ces nominations entraînent un vaste remaniement dans le top management de L’Oréal, puisqu’Alexis Perakis-Valat sera remplacé par Fabrice Megarbane, jusqu’alors directeur général Développement des marchés. Lequel sera remplacé par Vianney Derville, le directeur général de la zone Europe. Directeur général chargé du travel retail, Emmanuel Goulin reprendra quant à lui les fonctions de Vianney Derville.





