A Lyon, les patrons unis distribuent des cartons jaunes au gouvernement

 La CGPME et le Medef ont réuni près de 2 000 chefs d’entreprises à Lyon, le mardi 8 octobre, pour exprimer leur "ras- le-bol".

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A Lyon, les patrons unis distribuent des cartons jaunes au gouvernement

"La pause fiscale, je ne la vois pas. C’est un carton jaune", assure à la tribune le président de la Cotonnière lyonnaise, une PME de signalétique. Dans la salle, ils sont près de 2 000 patrons à lever comme un seul homme un carton jaune, dans des sifflets. Chauffés à blanc, les chefs d’entreprises ont été réunis par la CGPME et le Medef du Rhône pour faire part de leur "ras-le-bol" et leur exaspération.

Sur la scène, Pierre Gattaz, le président du Medef et celui de la CGPME Jean-François Roubaud sont à l’écoute des témoignages des chefs d’entreprises. Entre les deux organisations patronales, il n’y avait pas eu de mobilisation commune depuis la mobilisation contre la loi sur les 35 heures. C’est dire que l’heure est grave. "Nous ne sommes pas des extrémistes, mais maintenant, il faut nous écouter", s’anime Jean-François Roubaud, pour qui les "entreprises n’en peuvent plus".

Dans les rangs des patrons lyonnais, c’est surtout la fiscalité qui hérisse. Mais aussi l’alourdissement du code du travail, avec "une page en plus tous les trois jours", le poids des charges sociales, ou la mise en place d’un compte pénibilité acté par la réforme des retraites. "Aujourd’hui, c’est plus intéressant pour un business Angel d’investir dans une œuvre d’art que dans une entreprise", se désespère Gautier Cassagnau, le président de Geolid. Dans les travées, les patrons approuvent. "Il faut nous laisser travailler. Ce qui commencerait par revenir sur l’exonération des heures supplémentaires", juge un patron de PME.

Exaspérés par l’instabilité

Ce qui exaspère le plus, ce sont les atermoiements du gouvernement. "Payer l’impôt ne me gêne pas. Mais j’ai investi 3 millions d’euros dans une usine qui créé de l’emploi pour 80 personnes et je suis incapable de savoir comment vont évoluer mes charges dans les deux ou trois ans à venir. Or mes concurrents européens voient eux au contraire leur fiscalité baisser", s’inquiète Serge Miltcheff, le patron de Diffuselec, qui réclame un cap clair. Pas question pour autant d’attaquer trop frontalement le gouvernement. "Nous ne sommes pas des va-t’en guerre" démine Bernard Fontanel, le président du Medef Rhône, qui a organisé la manifestation depuis la fin de l’été.

Après le recul du gouvernement sur la fiscalité, les chefs d’entreprises se sentent en partie écoutés. La taxe sur l’EBE décriée par les entreprises moyennes est remplacée par une surtaxe exceptionnelle sur l’impôt des sociétés des grandes entreprises. "Nous avons l’impression d’avoir été entendu par le gouvernement ce week-end, il faut le saluer", souligne Pierre Gattaz, pour qui "la moins mauvaise" solution a été retenue.

Autre motif de satisfaction : la tenue des Assises de la fiscalité, mi-novembre. Pour la CGPME et le Medef, "c’est une opportunité rare à saisir", même si leurs propositions diffèrent. La CGPME milite pour un "bouclier emploi" pour plafonner les charges sociales et prévoir leur baisse sur trois ou cinq ans. "On nous parle de cadeau aux entreprises ? Chiche. Supprimons des aides et réduisons à l’euro près les charges", lance Jean-François Roubaud. Pour le Medef, les Assises doivent déboucher sur une baisse des dépenses publiques de 50 milliards d’euros. "Si rien n’est fait rapidement, nous sortirons les cartons rouges", prévient Pierre Gattaz.

Solène Davesne

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