Avec ce nouveau mastère de Polytech Marseille, jeunes diplômés et professionnels apprennent à concevoir des médicaments à partir du vivant

[Booster son parcours avec un mastère spécialisé, 4/5] Destinés aux jeunes diplômés comme aux professionnels en activité, les mastères spécialisés permettent d’acquérir en quelques mois une expertise sur des enjeux précis. Face aux besoins de l’industrie pharmaceutique, l’école d’ingénieurs Polytech Marseille lance un cursus consacré à la bioproduction visant à former des talents aux approches thérapeutiques créées à partir du vivant.
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Polytech Marseille étudiants ingénieurs
Les huit premiers étudiants du mastère spécialisé Bio-Production of Innovative Therapeutics feront leur rentrée en septembre 2026.

Concevoir des médicaments ou des vaccins à partir du vivant. Si cette approche thérapeutique n’est pas nouvelle, elle s’est fortement accélérée ces dernières années, ouvrant la porte à de nouveaux marchés industriels. Certains traitements contre le cancer, contre les maladies auto-immunes, ou encore contre certaines maladies rares font ainsi appel à la bioproduction. «L’innovation dans ce secteur est très rapide mais les entreprises observent qu’il est difficile de recruter des professionnels de l’industrie formés à ces sujets», explique Jean-Claude Guillemot, enseignant au sein d’Aix-Marseille Université, spécialisé en immunologie.

Dans ce cadre, l’université a créé via son école d’ingénieurs Polytech Marseille un mastère spécialisé baptisé Bio-Production of Innovative Therapeutics. La première promotion, composée de 8 apprenants, fera sa rentrée des classes en septembre 2026. À moyen terme, l’école vise une vingtaine de diplômés par an. Sur demande des entreprises, la formation est dispensée entièrement en anglais et 80% des cours sont en ligne. Il faut compter entre 7000 et 13000 euros l’année, selon si le mastère est suivi en formation initiale ou en alternance.

Sciences fondamentales et thérapies innovantes

Pour être capable de suivre l’évolution des besoins de l’industrie, ce mastère spécialisé se veut agile. «Nous partons d’une feuille blanche, et développons des modules de formation en faisant intervenir des professionnels du secteur pour être toujours en adéquation avec les besoins de l’industrie», reprend Jean-Claude Guillemot. Très concrètement, la formation théorique repose sur deux pieds : les sciences fondamentales, avec des cours de biologie, de virologie ou encore de génie des procédés, et les thérapies innovantes portant sur la thérapie cellulaire, les vaccins ou les anticorps thérapeutiques par exemple. Les diplômés étant destinés à travailler dans l’industrie, les enseignements ne sont pas focalisés sur la recherche médicale, mais sur les traitements dont les essais cliniques sont en phase III ou plus, c’est-à-dire ceux dont l’efficacité thérapeutique est déjà établie. «Pour les semaines d’enseignements pratiques, nous sommes particulièrement soutenus par le groupe Sartorius, qui met à disposition ses équipements», explique Jean-Claude Guillemot.

Avec ce mastère, Polytech Marseille cible trois profils. D’abord, les jeunes diplômés d’école d’ingénieurs ou de master qui souhaitent se spécialiser dans la bio-industrie. Ensuite, des professionnels déjà en poste, notamment dans les essais cliniques ou le conseil, qui souhaitent se réorienter. Enfin, des spécialistes de la bioproduction issus d’autres secteurs, comme l’agroalimentaire ou la cosmétique, désireux de mettre leurs compétences au service de la santé.

Ce mastère s’inscrit dans un contexte national de relance de la filière des biomédicaments. Avec France 2030, l’État ambitionne de renforcer la production de biothérapies sur le territoire, afin de réduire la dépendance de la France aux sites de production étrangers.

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