Cette fois, «c’est la fin de l’histoire Rebirth», lâche Mickaël Grandin, vice-président au développement économique à la communauté d’agglomérations de Saint-Lô. Le site manchois du groupe Rebirth, qui fabrique des vélos des marques Coleen, Cycles Lejeune, Easybike, Matra ou encore Solex, est ciblé par une procédure d’expulsion de ses locaux situés dans une zone d’activités de l’agglomération, pour des loyers impayés. L’entreprise devra avoir quitté les lieux, le 20 août.
La collectivité fait état «de 122665 euros d’arriérés, entre des loyers depuis la fin d’année 2025, des taxes et des frais», indique l’élu, qui recense douze mises en demeure sur la période 2024-2025 et quatre autres cette année. «Nous avons rencontré Rebirth le 26 mars. Les engagements n’ont pas été tenus, dénonce Mickaël Grandin. La dernière mise en demeure date d’avril. Le président de Saint-Lô agglo les a sollicités, mais c’est resté sans réponse». La goutte d’eau aux yeux des élus, qui estiment que la confiance est rompue. En dépit de plusieurs tentatives de contact, Rebirth (77 millions d’euros de chiffre d’affaires, lors de notre dernier article en octobre 2025 et 31 salariés à Saint-Lô) n’a pas souhaité répondre aux questions de L’Usine Nouvelle.
Un conflit au sujet de la TVA entre Rebirth et la collectivité
À nos confrères de France 3 Normandie, le 22 mai, le PDG Grégory Trébaol confirmait des retards de paiement, en réaction à une affaire de TVA, à hauteur de 800000 euros, que l’entreprise dit avoir payés à l’État à la place de l’agglomération. «Cette procédure d’expulsion ne constitue-t-elle pas, en réalité, un moyen de détourner l’attention de ce problème de TVA non résolu et d’en dissimuler l’existence au public et aux élus ?», questionnait alors Grégory Trébaol. Ce que conteste formellement la collectivité : «nous n’avons rien à voir avec ce sujet, ce que nous assurent nos services et l’administration fiscale. C’est à eux de voir s’ils ont cette TVA à payer ou à réclamer», rétorque Mickaël Grandin.
Ce sujet de TVA remonte à de précédentes difficultés de Rebirth (anciennement Easybike), placé en redressement judiciaire en 2019. Saint-Lô Agglo avait récupéré le bâtiment de l’entreprise (4,4 millions d’euros) et signé un bail commercial. L’entreprise était sortie de son redressement en juin 2021, mais de nouveaux impayés avaient déclenché de nouvelles procédures. Le tribunal judiciaire de Coutances avait ainsi accordé à la société une dernière période probatoire de deux ans en novembre 2023. En octobre 2025, nous relayions l’investissement de 8 millions d’euros de Rebirth pour la création d’un atelier de fabrication de cadres de vélos haut de gamme, opérationnel en 2028. Le groupe prévoyait de tripler sa production de vélos annuelle (vers 65000). Mais il a donc jusqu’au 20 août pour libérer les locaux. L’agglomération promet d’être attentive au sort de la trentaine d’employés.








