Lorsque l’on organise l’un des plus grands événements aéronautiques au monde, la santé et la sécurité au travail prennent une dimension particulière.
Tous les deux ans, le Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE) rassemble à Paris-Le Bourget près de 2 500 exposants et 300 000 visiteurs, avec un dispositif logistique hors norme : plusieurs milliers d’intervenants mobilisés, des aéronefs exposés, des zones à forte coactivité et un niveau d’exigence élevé en matière de sûreté et de sécurité.
Dans ce contexte, l’organisateur a décidé de structurer davantage sa démarche en visant la certification ISO 45001, la norme internationale dédiée au management de la santé et de la sécurité au travail.
Un système déjà structuré
Le projet ne partait pas d’une feuille blanche. L’organisation était déjà certifiée ISO 20121, norme relative au management responsable de l’événementiel.
« La logique de système de management nous était déjà familière », explique Pierre-Frédéric Gallic-Ferret, Responsable RSE au SIAE. « Mais la certification ISO 45001 est différente et couvre un périmètre plus large. Nous voulions nous assurer que notre système était suffisamment solide avant l’audit de certification. »
L’organisation a donc choisi de réaliser un audit interne jouant également le rôle d’audit à blanc, comme une répétition générale quelques mois avant l’audit externe.
Objectif : identifier les éventuels écarts et disposer du temps nécessaire pour corriger les points sensibles.
Pour cette étape, le SIAE a choisi de faire intervenir une experte identifiée via AFNOR BAO, le service de mise en relation du groupe AFNOR avec des spécialistes des normes et des systèmes de management.
Une organisation hors norme
L’une des particularités du SIAE tient à son fonctionnement. En période normale, l’équipe permanente compte une vingtaine de collaborateurs. Mais à l’approche du salon, l’effectif augmente rapidement pour atteindre une centaine de personnes.
Pendant la phase d’installation, le dispositif prend encore une autre dimension.
« En deux mois, ils montent un salon qui mobilise environ 15 000 intervenants et près de deux millions d’heures de travail », explique Delphine Bessot, auditrice et consultante spécialisée en systèmes de management, intervenue dans le cadre de la mission.
Le montage du salon implique de nombreux sous-traitants, des entreprises de l’événementiel, des prestataires techniques et des équipes temporaires. La gestion de la coactivité devient alors un enjeu central.
Un coordinateur SPS (sécurité et protection de la santé) pilote notamment la maîtrise opérationnelle pendant la phase d’installation. Pendant le salon lui-même, l’organisation repose sur un dispositif de contrôle particulièrement structuré, incluant un poste de commandement dédié et de nombreuses procédures de gestion des flux.
Un audit pour prendre du recul
Dans ce type de configuration, la difficulté n’est pas nécessairement la gestion opérationnelle.
« Sur le terrain, beaucoup de choses étaient déjà très bien maîtrisées », observe Delphine Bessot. « Le dispositif de contrôle, la sensibilisation des équipes ou encore la prise en compte des parties intéressées étaient très avancés. »
En revanche, certains éléments du système de management méritaient d’être davantage structurés : formalisation de la politique santé-sécurité, définition d’objectifs chiffrés, analyse des causes d’incidents, ou encore formalisation d’un plan d’action sur les principaux risques.
L’audit a permis d’identifier ces points et de proposer des pistes d’amélioration adaptées au fonctionnement particulier de l’organisation.
« L’enjeu était de construire un système suffisamment robuste pour fonctionner dans un environnement très variable, tout en restant simple à utiliser pour une équipe relativement réduite », souligne l’experte.
L’audit interne comme moment d’apprentissage
La mission s’est déroulée en plusieurs étapes : une revue documentaire du système de management, suivie d’une observation sur site afin d’analyser la mise en œuvre concrète des dispositifs.
À l’issue de l’intervention, un rapport détaillé a été remis à l’organisation, comprenant les non-conformités identifiées, des observations ainsi qu’une liste d’actions à mener avant l’audit final.
Pour l’équipe du SIAE, cette étape a joué un rôle important dans la préparation.
« L’idée était vraiment d’avoir un regard extérieur pour nous dire où nous en étions réellement », explique Pierre-Frédéric Gallic-Ferret. « Cela nous a permis d’identifier les ajustements à réaliser et d’aborder l’audit de certification avec davantage de sérénité. »
La mise en relation via AFNOR BAO s’est faite rapidement, un point également apprécié par l’organisation.
« On nous a proposé un profil vraiment adapté à notre besoin. La mise en relation, le cadrage de la mission et les aspects administratifs ont été très fluides », souligne le responsable RSE.
Un outil de progrès plus que de contrôle
Dans les démarches de certification, l’audit interne est parfois perçu comme une simple obligation du référentiel. Pourtant, lorsqu’il est utilisé comme un outil d’analyse et de dialogue, il peut devenir un véritable levier d’amélioration.
« L’audit doit être un moment d’échange », rappelle Delphine Bessot. « Il permet de valoriser ce qui fonctionne déjà bien, mais aussi d’identifier les pistes d’évolution pour rendre le système plus efficace. »
Dans des organisations complexes ou atypiques, ce regard extérieur peut être particulièrement utile pour adapter les exigences d’une norme internationale à des réalités opérationnelles très spécifiques.
Et, parfois, pour franchir plus sereinement la dernière étape avant la certification — une démarche que le SIAE envisage désormais de renouveler pour ses prochains audits internes.
Contenu proposé par AFNOR BAO




