Où en est le projet de campus cyber à la française ?

Une soixantaine d’acteurs ont manifesté leur intérêt pour rejoindre le futur campus de la cybersécurité. Où sera-t-il basé, quand sera-t-il opérationnel et quels entreprises et industriels ont d'ores et déjà réservé des espaces? Réponse ici.

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Les Assises de la sécurité
A l'occasion des Assises de la sécurité qui se tiennent à Monaco, Michel Van Den Berghe (à gauche sur la photo) a détaillé l'avancement du projet campus cyber. (@Mat Beaudet)

On en sait plus sur le futur projet du campus dédié à la cybersécurité. A l’occasion de la journée d’ouverture des Assises de de la sécurité qui se tiennent à Monaco du 14 au 17 octobre, Michel Van Den Berghe, PDG d’Orange Cyberdéfense, auquel le gouvernement a confié la mission d’étudier la faisabilité d’un projet de "campus cyber" de dimension nationale, a fait un point sur l’avancement de ses travaux.

Ce cyber campus a pour vocation de rassembler sur un même site l’ensemble des acteurs représentant l’écosystème de la cybersécurité jugé trop fragmenté aujourd'hui : des grands groupes, des start-up, des laboratoires, des écoles d’ingénieurs et des organismes de formation, des services de l’Etat, et également les entreprises à la recherche de services et de technologiques pour se protéger. Au total, une soixantaine de société ont déclaré un intérêt marqué pour participer à ce projet.

L'immeuble de 13 étages livré fin décembre

La localisation du cyber campus a été un point sensible pour s'assurer d’attirer les talents de cette industrie. Le choix s’est arrêté sur le quartier de la Défense (Hauts-de-Seine) près de Paris, à deux pas de la station du RER A éponyme et de la station Esplanade de la ligne 1 du métro parisien. Les villes de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) avaient été également envisagées. "L’immeuble sera livré complètement fin décembre. On espère accueillir nos premiers résidents en septembre 2021", a précisé le porteur du projet.

Il s’agit de l’immeuble ERIA. Ses 13 étages représenteront 12 000 mètres carrés d’espace de travail privés ou partagés, 3 000 mètres carrés de plateaux consacrés aux projets et à l’innovation, 2 000 mètres carrés consacrés à la formation ainsi qu’un show room. Certains acteurs se sont déjà positionnés, réservant un étage complet soit environ 1 500 mètres carrés comme l’ANSSI (l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information), le groupe informatique ATOS, la division cybersécurité de l’opérateur Orange, le groupe Capgemini. 

un lieu de production, pas une galerie marchande

Le futur cybercampus se veut avant tout un lieu de production et se défend d’être une galerie marchande pour les industriels de la cybersécurité. "Ce sera un campus opérationnel où les gens viendront travailler au quotidien. Certaines entreprises vont délocaliser leurs équipes d’experts sur ce cybercampus. Cela n’existe nulle part ailleurs", explique Michel Van Den Bergh. Il a cité comme l’un des premiers projets du cybercampus la sécurisation des jeux olympiques de Paris de 2024. Des groupes de travail sur la sécurisation des objets connectés, les drones, les voitures autonomes sont également à l’étude.

Le cybercampus a vocation à attirer des acteurs très variés. Exposant sur le salon monégasque où elle présente une technologie de détection des cyberattaques, la start-up française Gatewatcher a fait savoir qu’elle y transférera ses 70 collaborateurs où elle louera un espace de 750 m2. Les grandes banques françaises pourraient y installer dans ce lieu neutre leur centre d'alerte commun et de réaction aux attaques informatiques.

Des tickets à 100 000 euros pour les grands groupes

Ce lieu unique aura la forme juridique d’une SAS au capital de 2 millions d’euros. Plus d’un million d’euros seront apportés par les acteurs privés et 990 000 euros par les pouvoirs publics. Différents tickets d’entrée ont été proposés aux industriels en fonction de leur taille : 100 000 euros pour les grands groupes (Capgemini, Orange, Atos, Sopra Stéria, Airbus Defence &Space, Thales), 30 000 euros pour les acteurs de taille intermédiaire (groupe d’enseignement supérieur privé Ionis, la start-up Gatewatcher, YesWeHack…), 10 000 euros pour les plus petites structures 

Présent également aux Assises à Monaco, Guillaume Poupard, le patron de l’ANSSI s’est félicité de la prochaine ouverture du cybercampus. "La coopération entre les acteurs de la cybersécurité existe déjà, mais de manière très concrète il nous manquait un lieu à Paris", a-t-il indiqué.

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