L’Afep (Association française des entreprises privées) publie son étude annuelle sur la contribution des grandes entreprises à l’économie tricolore. Ainsi, les 102 grandes entreprises membres de l’association ont produit 223 milliards d’euros en 2018, soit 14% de la valeur ajoutée créée en France, et emploient 2,3 millions de salariés, pour une masse salariale brute de 93 milliards d’euros.
L’étude rappelle que ces 102 entreprises ont supporté plus de 71 milliards d’euros de prélèvements obligatoires l'an passé, soit 20% de tous ceux payés en France par les entreprises.
Selon l’Afep, les salariés sont les premiers bénéficiaires de la valeur ainsi créée, à hauteur de 63% (45% de salaires, cotisations salariales, participation, intéressement, dividendes et 18% de cotisations patronales). L’Etat, au titre de la fiscalité, en appréhende 14% et les actionnaires 5%. Les 18% restants couvrent l’investissement et les autres charges.
Interpeller le gouvernement

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Cette étude sonne comme une piqûre de rappel au gouvernement alors que celui-ci n’hésite pas à mettre les grandes entreprises à contribution pour boucler son budget. La semaine dernière, Bercy a finalement décidé de ne pas réduire en 2020 autant que prévu le taux d'impôt sur les sociétés (IS) pour les plus grandes entreprises, celles qui ont un chiffre d'affaires supérieur à 250 millions d'euros. Ce taux passera de 33,3% à 31%, et non 30% comme cela était évoqué et ce, alors que les PME seront taxées à 28 %. Le gouvernement prévoit de ramener le taux d'IS à 25% pour toutes les entreprises d'ici 2022.
Le lobby des grands groupes affirme que l’impôt sur les bénéfices impacte plus fortement les grandes entreprises : il représente 5% de leur valeur ajoutée alors qu’au niveau national, la part de l’impôt sur les bénéfices, rapporté à la richesse créée, est de 3,8%. Ainsi, les 11 milliards d'euros payés l'an dernier sur les bénéfices représentent-ils 17% de la totalité des recettes de l'impôt sur les sociétés.
Une contribution importante mais une optimisation active
Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) publiée en mars dernier, les grandes entreprises (celles qui ont plus de 5 000 salariés et un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 milliard d'euros) versaient en 2015 des impôts représentant 17,8% de leurs profits, tandis que les PME payaient un impôt sur les sociétés représentant 23,7% de leurs bénéfices en moyenne. La facture est plus réduite avec la prise en compte du crédit impôt recherche (CIR) et du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE). Ces deux crédits d'impôts réduisent le taux de taxation à 7,7% pour les grandes entreprises et 13,9% pour les PME.





