L’Europe pose un jalon de son indépendance dans les puces d’accélération de calcul

Le consortium européen EPI a développé une puce test d’accélération de calcul. Un développement qui pose un jalon vers l’indépendance de l’Europe vis-à-vis des américains Nvidia et AMD. Reste à industrialiser cette innovation.

 

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Puce EPAC d'accélération calcul
La puce EPAC 1.0 d'accélération des calculs de l'Europe

L’Europe avance peu à peu vers son indépendance dans les microprocesseurs de calcul intensif. Du moins en R&D. Alors que la start-up SiPearl travaille à la création d’un processeur de calcul sur la base de la technologie ARM, le consortium européen EPI (European Processor initiative), qui mobilise 28 partenaires de 10 pays sous la houlette du français Atos, annonce avoir développé avec succès la  puce de test EPAC1.0 d’accélération de calcul. Un résultat qui pose un jalon important vers la maitrise en Europe des technologies clés du calcul intensif.

Pour des questions d’efficacité, les supercalculateurs tendent à adopter une architecture hybride combinant des processeurs de calcul et des accélérateurs particulièrement utiles dans les tâches d’intelligence artificielle. L’Europe, représentée par son seul constructeur Atos, dépend aujourd’hui totalement de fournisseurs américains : Intel et AMD dans les processeurs de calcul et principalement Nvidia dans les accélérateurs. C’est cette dépendance que l’initiative EPI, lancée en décembre 2020, vise à rompre à l’instar de la Chine puis du Japon.

Architecture open source

La puce EPAC (European Processor Accelerators) 1.0 s’appuie sur l’architecture de processeurs open source RISC-V, gage d’indépendance et de souveraineté. Elle combine plusieurs technologies d'accélérateur spécialisées pour différents domaines d'application, dont STX de l’institut Fraunhofer IIS, ITWM et ETH Zürich,  et  VRP du français CEA-LIST. D’autres membres du consortium ETI ont contribué à son développement, dont SemiDynamics, le Barcelona Supercomputing Center, l'Université de Zagreb, Chalmers et FORTH. Elle a été fabriquée chez le fondeur GlobalFoundries en technologie FD-SOI de 22 nanomètres dans son usine à Dresde, en Allemagne. Elle affiche une surface de 25 mm2. Et il est prévu, dans une version ultérieure, de passer à une technologie plus fine de 12 nanomètres.

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" Il s’agit juste d’une puce de test, précise à L’Usine Nouvelle Philippe Notton, PDG-fondateur de SiPearl, membre du consortium EPI. Elle est destinée à valider dans le monde réel la propriété intellectuelle utilisée pour sa conception. C’est bien mais elle risque de rester un prototype de démonstration. "

Pas de candidat à l'industrialisation

Le passage à un produit commercial nécessiterait un investissement colossal. Aucun des deux industriels de la microélectronique membres d’EPI, Infineon Technologies et STMicroelectronics, ne semble prêt à en assurer l’industrialisation. " C’est le gros problème des programmes européens de R&D, les résultats restent souvent au stade de démonstration ", confie Philippe Notton. Seule solution : la création d’une start-up, le pendant de SiPearl dans les puces d’accélération.

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