Le jeu de séduction engagé il y a des années par Fiat vis-à-vis des groupes français va-t-il enfin payer ? Après la tentative de fusion avec Citroën dans les années 1970, puis les nombreux rapprochements avortés avec Renault, le constructeur turinois – devenu entretemps italo-américain de par son mariage avec Chrysler – a relancé des pourparlers… Avec l’autre groupe français, PSA. Ce possible mariage avait déjà fait l’objet de discussions en début d’année, avant d’être balayé au profit d’un mariage, encore une fois raté, avec Renault. L’issue de ce nouveau dialogue avec PSA sera-t-elle différente ? Jeudi 31 octobre, les deux groupes ont en tout cas présenté les premiers détails de leur projet d'accord.
Pour Fiat-Chrysler comme pour PSA, ce rapprochement permettrait de répondre plus sereinement aux montagnes d’investissements nécessaires à la transition vers le véhicule électrique, ainsi qu’aux révolutions des voitures autonomes et connectées. Des sujets sur lesquels le groupe PSA apparaît mieux placé que son homologue italo-américain. Le Français vient de lancer une déclinaison à batterie de ses emblématiques Peugeot 208 et Opel Corsa, et disposait fin 2018 d’une confortable réserve d’un peu plus de 9 milliards d’euros. Mais le constructeur au Lion reste un groupe de taille moyenne. L’année dernière, PSA a vendu 3,9 millions de voitures.
Expansion à l'international
Un résultat boosté par l’arrivée des marques Opel-Vauxhall en 2017, mais toujours inférieur aux 10 millions d’unités écoulées aux quatre coins du monde par les mastodontes Volkswagen, Renault-Nissan et Toyota. Surtout, l’entreprise reste dépendante du marché européen, où elle écoule encore 80% de ses véhicules. Problématique, surtout en période de retournement des principaux marchés automobiles que sont l’Europe, l’Amérique du Nord et la Chine. En fusionnant avec Fiat-Chrysler, PSA se retrouverait donc projeté à la quatrième place mondiale – presque 9 millions de voitures à eux deux – et pourrait réduire sa dépendance au Vieux Continent.
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Et ce, grâce notamment à un accès facilité au marché nord-américain, de loin le premier de FCA. En 2018, le constructeur a vendu 2,5 millions de voitures dans la région, sur un total de 4,8 millions, pour un chiffre d’affaires de 72,4 milliards d’euros, soit plus de la moitié des 110,4 milliards générés par FCA sur la période. Plombé par un manque d’investissements dans les nouvelles technologies, Fiat-Chrysler cherche de son côté en urgence un allié qui lui permette de passer le mur du CO2 en Europe et améliorer ses positions dans la région. En s’alliant, PSA et son homologue italo-américain devraient aussi chercher à améliorer leurs positions en Asie, et notamment en Chine.
En 2018, les constructeurs ont difficilement dépassé le cap des 200 000 voitures vendues. Un niveau intenable pour un possible géant de l’automobile. Mais les sujets à régler en vue d’une éventuelle fusion restent nombreux. L’État français, actionnaire de PSA à hauteur de 12%, a déjà prévenu qu’il se montrerait "particulièrement vigilant" sur les questions d’emploi et de gouvernance. Le même gouvernement qui était tenu pour responsable par Fiat-Chrysler, il y a quelques mois à peine, de l’échec des négociations avec Renault…








