Fournir 3,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an à la France… pendant 27 ans.
C’est l’objet de deux accords d'achat et de vente signés par TotalEnergies et QatarEnergy le 11 octobre, le début des livraisons étant estimé à 2026. «Les volumes de GNL proviendront des deux coentreprises entre QatarEnergy et TotalEnergies, qui détient des intérêts dans les projets North Field East (NFE) et North Field South (NFS) à Qatar», a annoncé l'entreprise publique qatarie. TotalEnergies n'a pas communiqué sur le sujet mais son PDG Patrick Pouyanné était présent sur place pour signer l'accord.
Depuis juin 2022, TotalEnergies détient 6,25% du projet NFE, à travers une coentreprise avec QatarEnergy. Et en septembre 2022, TotalEnergies a investi 1,5 milliard de dollars au Qatar pour détenir 9,375% de NFS. NFS et NFE devraient produire respectivement 16 et 32 millions de tonnes de GNL par an à partir de 2026, la fourniture à la France composant donc à peu près 7,3% de la production annuelle totale.
«Ces deux nouveaux accords que nous avons signé avec notre partenaire TotalEnergies, démontrent notre engagement continu envers les marchés européens en général, et au marché français en particulier, contribuant donc à la sécurité énergétique de la France», a déclaré Saad Sherida Al-Kaabi, ministre de l’Energie du Qatar et PDG de QatarEnergy.
Un gaz dangereux, selon Greenpeace
Cette nouvelle fourniture n’est pas très surprenante, compte tenu de la place du GNL comme l’un des principaux leviers de croissance de TotalEnergies, et son objectif d’augmenter sa production de GNL de 40% d’ici 2030. De plus, l’Europe devant se passer du gaz russe depuis l’invasion de l’Ukraine, le GNL a vite séduit le vieux continent et les infrastructures fleurissent, comme le terminal méthanier flottant de TotalEnergies, arrivé au Havre en septembre, et qui avait été accueilli par l’ONG Greenpeace. Cette dernière s’oppose au GNL dans un rapport daté d’avril 2023, «un gaz superflu aux effets délétères sur le climat » et ayant «des impacts gravissimes pour la santé des populations locales», selon l’ONG.





