Les stewards et hôtesses d’Air France préparent une grève pour la fin d’année. Désignés sous le terme «personnels navigants commerciaux» (PNC), ceux-ci sont représentés par le syndicat des navigants du groupe Air France (SNGAF) et l’union des navigants de l’aviation civile (UNAC). Les deux organisations, qui appellent à la grève du 22 décembre au 2 janvier, sont majoritaires, ayant obtenu 51,3% des votes lors des élections représentatives de 2019.
Pourquoi ce préavis ? «Nous ne voulons ni augmentation (salariale, ndlr), ni augmentation de nos effectifs, ni amélioration de nos conditions de travail, car nous savons que l’entreprise est en difficulté, affirme Anne Vildy, secrétaire générale de l’UNAC à L’Usine Nouvelle. Nous voulons seulement que notre accord collectif soit protégé pendant la période des négociations». Cet accord collectif régit la couverture sociale, ainsi que les conditions de rémunérations et de carrière, entre autres, des stewards et hôtesses depuis 1999.
Cet accord, arrivé à échéance le 31 octobre 2022, est en train d’être renégocié. Selon Anne Vildy, «la direction d’Air France a fixé la fin des négociations pour fin mars 2023». Contactée par l'Usine Nouvelle, la direction d'Air France affirme vouloir que «les négociations se terminent le plus rapidement possible». Les personnels n'ayant pas de protection durant la période des négociations, la direction d'Air France a émis une note de direction qui prolonge l'accord collectif pendant cette période.
Un désaccord sur la forme
Toutefois, les syndicats ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis d’une potentielle modification de cette note. La compagnie a répondu en affirmant dans un communiqué aux PNC que «Ben Smith (DG d’Air France-KLM, ndlr) et Anne Rigail (DG d’Air France, ndlr) se sont engagés à ne pas modifier la note de direction jusqu’à la fin des négociations». La direction a également invoqué une jurisprudence de la Cour de cassation stipulant qu’un «engagement unilatéral à durée déterminée ne pouvait en aucun cas être modifié».
Cependant, selon une avocate consultée par l’un des syndicats, le SNGAF, «la note de direction elle-même stipule qu’elle est à durée indéterminée», ce qui invaliderait la jurisprudence précédemment mentionnée. La note de direction pourrait donc être modifiée, présentant un risque pour les personnels, selon les deux syndicats. «Les choses pourrait changer du jour au lendemain et on pourrait se retrouver sans protection», explique Anne Vildy.
La direction d'Air France dément. «La note de direction est bien à durée déterminée, jusqu'à la date de fin maximale des négociations, fin mars 2023.» Air France rappelle également que «les négociations sont en cours depuis septembre, 14 réunions ont eu lieu, et 5 sont encore prévues». Enfin, la direction prévoit «de transporter tous ses clients comme prévu» et affirme «qu'il n'y aura pas d'annulation de vol».








