La destruction des emplois liés au développement de la robotique et de l’automatisation est une réalité, mais les données concrètes sont pour le moment difficiles à obtenir, d’autant plus que l’on parle ici de projections sur plusieurs années, voire dizaines d’années. L’OCDE tente cependant de nous éclairer sur les perspectives du monde du travail d’ici 2040.
Quelques chiffres à retenir : au niveau mondial, 14% des emplois pourraient disparaître dans les 15 à 20 prochaines années et 32 % devrait “changer radicalement”. Le cas de la France est un peu plus inquiétant, puisque l’on passe alors à 16,4 % d’emplois menacés de disparition et 32,8 % de transformation liée à l’automatisation.
Un impact variable selon les pays
L’OCDE estime également que de trop nombreuses personnes ne sont pas suffisamment formées aux nouveaux emplois : 6 travailleurs sur 10 n’auraient en effet “pas les compétences de base en TIC (Technologie de l’Information et de le Communication)” ou n’ont “aucune expérience en informatique.” Seuls 31,6 % des adultes ont suivi une formation professionnelle l’an passé, avec un écart de participation entre les personnes peu qualifiées et celles très qualifiées de 40 points de pourcentage.
“Il nous faut un système efficace de formation tout au long de la vie qui ouvre de nouvelles perspectives aux moins qualifiés, ceux que l’automatisation menace en premier lieu.” affirme Stefano Scarpetta, de la direction de l’emploi et des affaires sociales de l’OCDE.
Pessimisme chez certains, optimisme pour d'autres
Voilà qui devrait alimenter pendant encore de longues années les débats entre techno-optimistes et techno-pessimistes. De l’autre côté du spectre, une étude de Gartner publiée fin 2017 prévoit que le développement de l’IA générerait plus d’emplois qu’il n’en détruirait, et ce d’ici 2020 (2,3 millions de création contre 1,8 million de disparition).
D’ici 2021, le cabinet d’étude estime que 6,2 milliards d’heures de travail pourront être économisées par les humains : “l'IA peut assumer des tâches répétitives et banales, libérant les humains pour d'autres activités, mais la symbiose des humains avec l'IA sera plus nuancée et nécessitera un réinvestissement et une réinvention au lieu de simplement automatiser les pratiques existantes”, considère Mike Rollings, vice-président de Gartner.








