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L'Usine Nouvelle : En quoi le réseau de bornes Belib’, dont la première unité est inaugurée ce mardi, est-il emblématique ?
Emmanuel Ourry : C’est d’abord un projet important par la taille. Et il est emblématique, non du marché d’aujourd’hui mais des projets de demain. Les bornes de Belib’ permettront en effet une charge universelle : grâce à un fonctionnement à la fois en courant alternatif (AC) et en courant continu (DC), la charge accélérée - 22 kW – sera accessible à toutes les marques de véhicules. Ce n’est pas le cas de la plupart des bornes, qui fonctionnent seulement en AC et limitent à 3 kW la charge des modèles autres que les Renault et Tesla. Avec Belib’, les utilitaires de livraison de tout type pourront se recharger au cours de leur tournée, par exemple.
Estimez-vous que le marché des bornes de recharge a enfin décollé ?

- 2090+11.65
Février 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- -14-76.27
Janvier 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 61.6-3.14
Décembre 2025
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
2015 a marqué le décollage du marché en France, comme de celui des véhicules électriques. C’est parti ! Les syndicats d’énergie départementaux se sont emparés du sujet et portent des projets importants, financés par l’Ademe. Mais c’est encore un marché immature, qui se cherche en termes d’acteurs, de besoins, de spécificités.
Il évolue très rapidement en termes de spécifications : le facteur de forme, le fait d’avoir une prise ou un câble attaché, rappelé automatiquement ou non, l’intégration du coffret de branchement CIBE… Sans parler du standard de prise : on en est au troisième !
Que faut-il pour évoluer dans ce marché ?
C’est un marché sportif ! Il faut d’abord être innovant pour pouvoir suivre les attentes des différents syndicats d’énergie tout en faisant preuve de discernement pour ne pas répondre à n’importe quel appel d’offres. Il faut aussi être très réactif pour produire rapidement. Enfin, il est crucial de concevoir et fabriquer des bornes en ayant en tête leur maintenabilité. Dans ce jeune marché, alors qu’il faut encore rendre possible l’électro-mobilité, il faut garantir que les bornes seront opérationnelles dans la durée. C’est ce que nous faisons notamment en surveillant à distance le bon fonctionnement de nos produits.
Sous quels auspices l’année 2016 démarre-t-elle ?
Ce sera une année faste, avec enfin des volumes significatifs. Après un total de 500 bornes installées jusqu’ici pour Lafon Technologies, nous avons déjà en commande environ 3000 bornes à installer en 2016. Nous sommes enfin entrés dans une phase plus industrielle. Le marché se stabilise peu à peu, avec le partage d’expérience des syndicats d’énergie.
Il a aussi fait le tri parmi les acteurs. Chaque appel d’offres attirait une quinzaine de candidats il y a un an ; aujourd’hui, nous sommes quatre ou cinq. Reste que le marché français retombera probablement en 2017 et nous devrons aller chercher la croissance en Europe.
Propos recueillis par Manuel Moragues




