China Jianyin Investment (JIC) restera un acteur majeur dans l’histoire de SGD Pharma. Ce fonds d’investissement chinois a remplacé l’américain Oaktree en 2016 juste après la cession par Saint-Gobain Desjonquères. Il s’affiche donc comme le premier propriétaire du verrier pharmaceutique dans son ère d’indépendance. Après cinq années à la tête du leader sur le marché du verre moulé de type I et de type II, JIC cède sa place à PAI Partners. Le fonds français affiche un appui total au fabricant d’emballages, autant en termes d’investissements qu’en termes de croissance, avec de possibles acquisitions à la clé. Point d’étape avec Christophe Nicoli, le Pdg de SGD Pharma.
Comment s’est déroulée l’opération de cession avec PAI Partners ?
La vente d’entreprise est un processus lourd et long, d’autant plus que tout a été réalisé à distance, par visioconférence. La décision a été prise à l’été 2020 et s’est concrétisée début octobre 2021. PAI Partners a fait le choix d’une croissance durable en s’appuyant sur le positionnement de SGD Pharma. Nous sommes leader du verre moulé pour le type I et le type II. Pour ce qui est du verre tubulaire, nous sommes l’un des acteurs de première ligne.
« Probablement une combinaison de croissance organique et externe »
Avez-vous d’ores et déjà défini une feuille de route ?
Les enjeux seront maintenant de favoriser l’innovation et la croissance. La stratégie est de mettre en place une consolidation par opportunisme. Nous n’en avons pas besoin dans le verre moulé, mais nous sommes vigilants à toutes formes de synergies intéressantes. Pour le verre tubulaire, nous misons sur notre expérience indienne en termes de réseau de vente et de plate-forme de croissance.
Nous travaillons aussi à l’élargissement de notre offre, qui se focalise uniquement sur les flacons. Il pourrait y avoir d’autres matériaux ou davantage de combinaisons telles que des solutions de bouchage. Cela permettrait de proposer des solutions complètes et d’ouvrir plusieurs opportunités. En revanche, est-ce que cela passera par de la croissance organique ou externe…? Probablement une combinaison des deux. Cela satisfait notre actionnaire qui entend soutenir sans ambiguïté le développement de SGD Pharma.
Depuis 2019, des investissements conséquents ont été engagés. D’autres projets sont-ils prévus ?
Sur les deux dernières années, près de 32 millions d’euros ont été injectés dans l’usine de Sucy-en-Brie. L’objectif était de remettre ce site centenaire aux standards les plus exigeants et d’atteindre une excellence mondiale. En l’espace de trois à quatre ans, la production de Vemula, notre usine indienne, a été doublée. Fin 2020, nous avons pris la décision d’anticiper une hausse de capacité. Cela a permis de tripler l’exportation, mais surtout de changer de statut : depuis le début de l’année, nous avons été certifiés auprès de 25 nouveaux laboratoires.
Notre budget R&D, bien que doublé, reste modeste, nous devons donc bien choisir nos projets. L’agenda d’innovations est pourtant bien chargé. Un nouveau procédé de fabrication est en cours sur l’un des types de verre que nous produisons. Dès l’année prochaine, l’inspectabilité doit également être revue à la hausse. L’objectif est notamment de réduire le nombre de rejets.
Observez-vous un redémarrage de l’activité comme d’autres secteurs peuvent le vivre ?
L’industrie avait souffert d’un trou d’air en début d’année, dû au manque de pathologies saisonnières grâce à l’efficacité des gestes barrières. La baisse d’activité dans l’hôpital public a créé une baisse des ventes dans le segment parentéral. Néanmoins, je considère que l’activité est repartie en septembre. Cela s’est concrétisé avec un mois d’octobre solide. La Chine a participé à cette reprise avec un fort redémarrage au début du second semestre 2021.
« On ne peut pas arrêter l’économie mondiale pendant un an sans risque de pénurie »
Comment avez-vous géré cette phase transitoire ?
Nous n’avons jamais arrêté la production. L’industrie pharmaceutique se tient prête. Elle dispose d’un certain état d’esprit et d’une conscience particulière qui lui est propre. C’est une chose importante puisque, à aucun moment, l’un de nos clients ne s’est retrouvé laissé de côté. Il y a d’abord eu un cumul des stocks, puis un ajustement et au final, le cycle d’activité du premier semestre s’est décalé sur le deuxième.
Compte tenu des hausses de matières premières et d’énergie, comment réagissent vos clients face aux augmentations nécessaires de vos prix ?
On se rend compte que l’on ne peut pas arrêter l’économie mondiale pendant un an sans risque de pénurie. Les clients sont au courant de la situation. De plus, l’énergie étant plus chère, nos produits le sont aussi. Ces prix sont temporaires, même s’il s’agit d’une augmentation à deux chiffres. Mais cela est dans l’intérêt de tout le monde : nous avons besoin de continuer à innover.
Après une production importante de flacons liée à la crise sanitaire, peut-on envisager une filière des flacons pharmaceutiques en vue de créer une économie circulaire ?
Le fait est qu’au recyclage s’oppose le principe de précaution, notamment vis-à-vis des DASRI (déchets d'activités de soins à risques infectieux et assimilés). Nous militons sur ce sujet et demandons à ce que des standards puissent être mis en place. C’est d’ailleurs notre rôle de leader de suggérer cette évolution. Certaines lignes devraient bouger, mais pas avant trois ou quatre ans.





