La mort lente de l’industrie textile française n’est pas une fatalité. Idkids vient de le démontrer en produisant 30 000 tee-shirts à l’échelle du département du Nord.
Son enseigne pour enfants Okaïdi, située à Roubaix, a lancé une gamme 100% coton à partir de fil composé à 60% de fibres issues du recyclage de vêtements usagés et à 40 % de fibres de coton vierge issues de l’agriculture biologique. Idkids a bénéficié des travaux menés par le Centre européen des textiles innovants (Ceti), à Tourcoing (Nord).
Il y a un an, ce centre de R&D privé s’est doté d’un démonstrateur industriel de recyclage des fibres courtes, une première en Europe, moyennant un investissement de 2 millions d’euros. Si la collecte et le tri des vêtements ont été réalisés par un prestataire suisse, le Ceti a produit un ruban de coton filé ensuite par la filature Textile des Dunes, à Steenvoorde (Nord), qui, au passage, se diversifie au-delà de la viscose. À Caudry (Nord), la Manufacture française de textile a assuré la teinture et le tricotage.
Ensemble, ils prouvent que la France peut produire et transformer elle-même ses matières secondaires. Pour augmenter le volume, il reste à renforcer la collecte, estime le directeur général du Ceti, Pascal Denizart: "Le tri sélectif doit devenir une véritable industrie. Un nouveau métier naît, celui d’effilocheur filateur. On peut relancer la filature en France grâce à l’économie circulaire", dans un bassin d’emploi industriel sinistré, plutôt que de recourir au travail forcé en Asie.








