Avec quatre ministres qui font le déplacement ce vendredi 13 juin à Vernon (Eure), le gouvernement veut montrer toute l’importance qu’il accorde à la pépite du newspace Maiaspace. Depuis 2022, cette filiale d’ArianeGroup (elle-même société commune de Safran et Airbus) développe un minilanceur spatial. Comme la fusée Falcon 9 de SpaceX, l'engin (50 mètres de haut pour 3,5 mètres de diamètre) doit lancer de petites charges utiles de 500 à 1500 kilos ou des grappes de satellites à un prix au kilo similaire à celui des lanceurs lourds.
La start-up assemble déjà chez ArianeGroup à Vernon le prototype de sa fusée dans le bâtiment A37, à l’endroit même où étaient produits les moteurs des premières fusées Ariane dans les années 1970. Pour passer à la vitesse supérieure, elle annonce ce 13 juin qu'elle va se doter d'une "vraie" usine à quelques hectomètres, tout près du site d'ArianeGroup qui l'héberge déjà.
D’une superficie de 10000 mètres carrés, le futur site de production (baptisé "Maia Factory") doit permettre la création de 160 emplois à terme. Ils rejoindront l’effectif de Maiaspace d’environ 300 salariés actuellement. La première pierre doit être posée sous peu avec une mise en service prévue en 2027. Le coût du projet est confidentiel, mais selon nos informations, il serait de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros. L’État a souhaité y apporter un accompagnement «significatif», lui aussi tenu secret, avec un nouveau financement dans le cadre du plan France 2030. Une autre aide financière sera apportée par la région Normandie.
Retrouver la souveraineté spatiale européenne
Alors que l’annonce de la nouvelle stratégie spatiale de la France par Emmanuel Macron est imminente, le gouvernement n’hésite pas à parler d’un «moment charnière» pour le secteur. Distancé par SpaceX qui a cassé les prix de l’envoi de satellites en orbite, l’Europe réagit à marche forcée. «L’usine va produire un lanceur européen réutilisable, résume une source gouvernementale. En termes d'accès souverain et réactif à l'espace, c'est quelque chose de très important aussi bien pour des usages civil, scientifique ou militaire.»

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Alors que Maiaspace fabrique actuellement le protoype de son minilanceur, sa future usine doit lui permettre de produire à la chaine les fusées qui lui permettront de tenir son objectif d’une vingtaine de tirs par an à l’horizon 2032. Le premier étage sera réutilisable jusqu’à cinq fois et se posera soit sur terre, soit sur une barge en pleine mer. «C'est une usine d'assemblage qui est conçue pour être évolutive, indique l’entreprise à L’Usine Nouvelle. Le pourcentage de lanceurs où l’on récupèrera le premier étage peut évoluer en fonction de la demande du marché. Cela va impacter le nombre de premiers étages qu'on est censé produire.» L'entreprise a d'ailleurs signé son premier contrat commercial avec Exotrail, start-up française spécialiste de la logistique spatiale, en mars dernier.
Premier vol commercial fin 2026
Lors de notre reportage sur place à la fin 2024, deux villes étaient en concurrence pour la construction de l’usine : Vernon et Les Mureaux (Yvelines), où sont assemblées les fusées Ariane 6. «Nous commencé à créer un tissu industriel à Vernon, avec des sous-traitants pour tout notre prototypage. Nous avons eu envie de le garder et de l'amplifier, indique Maiaspace. L'autre point, c'est qu'on est juste à côté de la zone de production des moteurs Prometheus. C'est très intéressant de pouvoir réceptionner les moteurs et de faire des tests dans le même endroit.»
Le premier vol commercial du minilanceur de Maiaspace est prévu pour la fin de l’année 2026. L’entreprise indique en être «aux deux tiers» du développement du lanceur. Les premiers tirs à feu sur l'étage supérieur, le deuxième étage du lanceur sont prévus d'ici à la fin de l'année. En parallèle, Maiaspace se prépare aussi à opérer sur l’ancien pas de tir des fusées Soyouz à Kourou (Guyane) où sont prévus ses lancements.





