S’unir pour se faire une place au soleil à l’export. Voici l’objectif de l’initiative France Solar Industry lancée le 9 janvier par le Syndicat des énergies renouvelables (SER). Cette marque se veut "la vitrine du savoir-faire français", toutes technologies confondues (photovoltaïque, photovoltaïque à concentration et thermodynamique), en matière de production d’électricité solaire. "L’idée est d’agir de façon collective et de présenter des offres coordonnées", a résumé Jean-Louis Bal, le président du SER. Le dispositif vise en effet à améliorer la crédibilité des entreprises françaises à l’international. Beaucoup reste à faire alors que le marché mondial explose (100 milliards de dollars pour le photovoltaïque) et que les appels d’offres publics se multiplient notamment dans le solaire thermodynamique (Maghreb, Pays du Golfe...).
A la conquête des marchés
Si la France possède un large portefeuille d’entreprises, ces dernières ont aujourd’hui bien du mal à présenter des références pour conquérir les marchés contrairement à leurs concurrentes allemandes et américaines. Une situation d’autant plus vraie pour les nombreuses PME de la filière. "Alors même que la France possède l’ensemble des compétences pour construire une centrale solaire complète, le visibilité de la technologie française est encore trop faible", avance Roger Pujol, le président de la Commission solaire thermodynamique et directeur général de la division solaire de CNIM.
Et de donner l’exemple de l’appel d’offres public de Ouarzazate, au Maroc, pour lequel aucune entreprise française n’a pu passer les qualifications en raison du manque de références nationales à présenter. Les professionnels de cette filière naissante qu’est le solaire thermodynamique se sont ainsi réjouis des annonces du gouvernement faites le 7 janvier concernant la création d’une tranche de 200 MW pour les "technologies innovantes" dans l’appel d’offres sur les grandes installations. Elle devrait permettre la réalisation de deux centrales solaires en France.
Reproduire le succès du Kazakhstan
Avec le lancement de France Solar Industry, les industriels entendent reproduire ce qu’ils considèrent comme la réussite française du solaire à l’export : le contrat décroché au Kazakhstan en 2011 par ECM Technologies, Semco, Vesuvius, BEA… associés au CEA-Ines (Institut national de l’énergie solaire). Ce consortium d’entreprises va ainsi fournir une usine de lingots de silicium au pays. "Si nous avons réussi au Kazakhstan c’est parce que l’offre industrielle proposée étaitassociée à uneoffre de services. C’est la combinaison de l’amont et de l’aval dans un service complet qui a fait la différence, a rappelé Arnaud Mine, vice-président du SER, président de la Commission SOLER et président de l’entreprise Urbasolar, En France, nous avons des entreprises présentes sur toute la chaine de valeur du photovoltaïque comme les matériaux, les équipements ou l’assemblage. Ces perles doivent être assemblées pour former un collier à proposer aux clients".
L’initiative du SER a reçu le soutien du gouvernement puisque pas moins de trois ministres - Delphine Batho (Ecologie, développement durable et énergie), Nicole Bricq (Commerce extérieur) et Pascal Canfin (Développement) avaient fait le déplacement lors de cette journée de lancement.
Camille Chandès





