Sur la vidéo, les images sont difficilement soutenables. Des laborantins, en blouse blanche, insèrent leurs bras directement dans le flan d’une vache via un hublot. Ces images ont été révélées par l’association activiste L214, après avoir été filmées dans le centre d’expérimentation de Sourches (Sarthe), appartenant à l’entreprise Sanders, propriété du groupe français Avril.
Réduction du nombre de vaches concernées
Ce procédé appelé fistulation, est né au 19ème siècle et permet, grâce à une ouverture de 15 centimètres, dans le ventre des vaches
d’accéder directement à l’un des quatre estomacs de l’animal : le rumen. "Ce procédé est utilisé dans le monde entier exclusivement à des fins de recherche", se défend un porte-parole du groupe Avril.
- 1105-2.73
Juin 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 468-1.06
Juin 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 783.8+1.86
Juin 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Au total, Sanders a recours à ce procédé sur six vaches, un nombre qui aurait diminué ces dernières années, explique le groupe sans pour autant donner d’élément sur la proportion de cette diminution.
Analyser le processus digestif
Avril a recours à la fistulation pour étudier la digestion des protéines végétales. "Cette analyse est essentielle à de nombreux progrès en élevage et permet notamment d’améliorer la santé digestive de millions d’animaux, de réduire l’usage d’antibiotiques en élevage et de réduire les émissions de nitrates et de méthane lié à l’élevage", ajoute le groupe Avril dans un communiqué. Une information confirmée par Jean Baptiste Coulon, président du centre de Theix de l'INRA: "la fistulation nous permet de travailler sur quatre types de problématiques: l'optimisation de l'alimentation des ruminants, le fonctionnement du rumen des vaches, certaines finalités sanitaires. Ce procédé nous permet également de mieux comprendre les émissions de méthanes et ainsi de les réduire".
Fin des tests sur animaux en 2025
Dans sa vidéo, L214 dénonce également les prélèvements répétés sur ces vaches cobayes. Selon l’association, en période d'expérimentation, le hublot peut être ouvert six fois en l'espace de 48 heures. "Sans compter la pose même du hublot, une opération invasive qui génère des douleurs postopératoires et nécessite une prise de médicaments durant plusieurs jours - des antibiotiques durant deux semaines selon un opérateur du centre", écrit l'ONG.
Si Avril reconnaît le caractère invasif de ces hublots, l’entreprise explique avoir tout mis en œuvre, depuis quelques années, pour diminuer le stress et les douleurs des animaux. "Nous avons recours à des méthodes pour limiter toute douleur, angoisse ou stress éventuels des animaux durant l’essai. Cela passe notamment par une mise à l’herbe de deux mois chaque année" précise le porte-parole du groupe avant de divulguer son objectif de mettre fin aux tests sur animaux d’ici à 2025.








