C’est une année charnière qui vient de s’écouler pour le pôle de compétitivité Axelera, dédié à la chimie et à l’environnement. Parmi les temps forts de l’année, il a postulé pour entrer en phase V, portant sur la période 2023-2026, dans le cadre d’un appel à projet du gouvernement qui s’est clôturé le 19 octobre 2022 et qui s’inscrit dans le cadre du plan d’investissement France 2030. Les équipes du pôle s’y préparaient depuis l’été 2021 par la réalisation d’enquêtes auprès de leurs membres, challengeant plus de 90 adhérents, aussi bien académiques qu'industriels. En partenariat avec la société de conseil EY, le pôle a également mené une démarche de réflexion stratégique sur le premier semestre 2022. Finalement, la feuille de route n'a pas été modifiée dans sa structure : elle conserve ses cinq axes établis depuis la phase III (2015-2018). En revanche, les priorités et les verrous de chaque thématique clé ont été mis à jour.
Une transition de phase bien engagée
Un des enjeux majeurs de la phase IV consistait à emmener les adhérents vers des financements européens pour leurs projets de Recherche et Développement (R&D). Après avoir accompagné des projets nationaux, Axelera a particulièrement performé dans ce domaine, d'une part, en appui à l'ingénierie de ces projets, et d'autre part, en agissant parfois en qualité de cotraitant auprès de ses adhérents. « Le pôle déploie alors des actions de veille technologique, de communication et dissémination des résultats », a expliqué Frédéric Laroche, directeur général du pôle. L'implication d'Axelera comme cotraitant dans ce type de projets devrait se poursuivre en phase V. Et les domaines d'action sont multiples : économie de l'hydrogène, capture et transformation du dioxyde de carbone (CO2), ou encore le recyclage des pneus.
Une offre de services plus complète en matière de formations et de compétences est désormais au programme de la phase V. « Ce n'est pas un sujet qui avait été mis à l'affiche par Axelera pour sa phase IV; son déploiement est nouveau pour le pôle. Cette offre de services pour les formations va sans aucun doute continuer à se développer en phase V », a affirmé Frédéric Laroche. Pour Axelera, il s'agit d'accompagner les organismes, les universités et les écoles d'ingénieurs dans la modernisation des formations existantes, et la création de nouvelles offres, par le biais d'enquêtes auprès des industriels concernés. « Cette demande renvoie à une mutation de l'industrie qui s'opère dans un contexte de transition énergétique et environnementale, dans lequel des pans entiers évoluent et impactent les attentes futures des entreprises en matière de compétences », a poursuivi le directeur.
Outre la filière chimie et environnement, Axelera va se positionner progressivement comme « pôle ressource » afin d'accompagner d'autres filières industrielles – la santé, la mobilité, l'énergie, etc. – dans un contexte de transition écologique. En ce sens, le pôle a initié des partenariats stratégiques avec d'autres pôles de compétitivité en France. Il collabore, entre autres, avec B4C, ancien pôle IAR dans les Hauts-de-France, notamment sur la problématique de la performance environnementale des procédés de transformation de la biomasse. Plus largement, ces deux pôles, géographiquement complémentaires, qui bénéficient d'une soixantaine d'adhérents communs, ont pour objectif la construction d'un partenariat ambitieux regroupant leurs services afin d'adresser des enjeux de chimie durable qu'Axelera et B4C dévoileront le 29 mars prochain. En outre, Axelera a engagé un partenariat croisé avec Minalogic, le pôle du numérique, qui apportera des compétences technologiques pour digitaliser Axelera; et inversement, ce dernier contribuera aux améliorations des performances environnementales de Minalogic.

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Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
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Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
La chimie de l'hydrogène et du dioxyde de carbone se développe
Axelera devrait poursuivre, en phase V, l'accompagnement à la mise en œuvre de la feuille de route Hydrogène de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui se renforce à mesure que la filière hydrogène se précise. Par ailleurs, le pôle organise des événements avec des industriels et des chercheurs, procède à des cartographies, et accompagne les projets émergents en matière d'hydrogène décarboné, en collaboration avec le pôle de compétitivité Tenerrdis, dédié au secteur de l'énergie, ainsi que le pôle Cara, consacré au secteur de la mobilité. « Ceci est en parfaite adéquation avec les attentes de l'État et de la région pour le renforcement de la collaboration entre les pôles, en termes de mutualisation des outils et de thématiques partagées », a précisé le directeur. En 2022, Axelera a accompagné, en particulier, l'Ircelyon (Institut de recherches sur la catalyse et l'environnement de Lyon) dans le financement du projet Elobio, auprès de l'EIC Pathfinder. Le projet sera doté de près de quatre millions d'euros pour développer un prototype de cellule d'électrolyse à l'échelle du laboratoire, capable de produire simultanément de l'hydrogène vert pur et des produits chimiques décarbonés à valeur ajoutée à partir de biomasse lignocellulosique renouvelable, y compris celle provenant du bois de la foresterie et des résidus agricoles, avec un faible apport énergétique. L'Ircelyon vise ainsi à faire progresser l'électrolyse de la biomasse en tant que nouveau moyen technologique de production d'hydrogène vert.
D'autre part, Axelera va continuer à s'intéresser à la chimie du dioxyde de carbone (CO2) en phase V. Le pôle a d'ailleurs accompagné, en 2022, la jeune pousse française Revcoo située à Vourles (Auvergne-Rhône-Alpes), qui développe une technologie de captation et de valorisation du CO2 à la sortie des cheminées des sites industriels. La société a conçu la solution brevetée CarbonCloud, qui utilise le froid extrême pour isoler le CO2, des autres gaz. L'innovation réside dans la mise en contact direct d'azote liquide avec les fumées industrielles, générant la formation de flocons de CO2 que Revcoo peut revaloriser, par la suite, dans plusieurs secteurs, comme la culture sous serre, la culture d'algues, la production de médicaments ou encore la production de jus et de vin. Intégrée depuis 2020 dans le parcours Axelera Invest Club, la start-up a bénéficié de l'accompagnement du pôle – coaching et mise en relation avec des investisseurs –, lui permettant de lever 3,5 millions d'euros, en 2022, auprès d'acteurs comme Kreaxi, Crédit Agricole Création, avec le soutien, entre autres, de Bpifrance. Revcoo a déjà installé une première unité d'une capacité de captation de deux tonnes de CO2 par jour, sur une carrière de chaux, validant toutes les promesses concernant le grade alimentaire du CO2 produit. Cette levée de fonds lui permettra d'accélérer sa croissance, l'objectif étant d'installer 40 unités sur des sites industriels d'ici à 2025.
Une forte croissance en 2022
Enfin, on retiendra que 2022 a été une année de forte croissance pour Axelera. Après avoir dépassé la barre symbolique des 400 adhérents en juin, le pôle termine l'année en totalisant 32 adhérents supplémentaires pour un nombre total de 417 membres, dont 80 % d'entre eux sont implantés en région Auvergne-Rhône-Alpes. Sur l'année, le pôle a accompagné 75 projets de R&D au niveau national, dont une trentaine a déjà été sélectionnée et financée. « Le budget annuel total du pôle, qui peut varier d'une année sur l'autre, est compris entre 2,5 et 3 millions d'euros. En fin de phase IV, le taux de financement privé s'est élevé à 58 %, le pôle a donc rempli l'objectif fixé par l'État d'atteindre un minimum de 50 % de financements privés en fin de phase IV », a communiqué Frédéric Laroche. Il a ensuite conclu : « À l'horizon 2026, le pôle vise les 480 adhérents et souhaite se déployer sur deux autres régions. Une démarche est déjà en cours dans la zone sud, dans la région d'Aix-Marseille. L'autre région reste encore à déterminer ». Par ailleurs, le pôle aspire, au terme de la phase V, à consolider ses équipes, avec 25 employés à temps plein. Ils sont aujourd'hui une vingtaine.





