Le Medef veut prendre la main sur l’apprentissage

L’organisation patronale demande au gouvernement de laisser les entreprises définir le contenu des programmes de la formation par apprentissage.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Le Medef veut prendre la main sur l’apprentissage

Pierre Gattaz propose au gouvernement un "pacte de l’alternance". Au cours de la conférence de presse mensuelle dont il a hérité de Laurence Parisot, le président du Medef, a plaidé mardi 15 octobre pour "une réforme structurelle de l’alternance", afin de "favoriser le passage de nos jeunes vers l’entreprise".

Lorganisation patronale demande "que le gouvernement accepte de confier peu à peu le pilotage de l’alternance aux entreprises et aux branches, pour construire un système en adéquation avec le besoin en compétences des entreprises", a indiqué Florence Poivey, nouvelle présidente de la commission Education, formation, insertion du Medef. En échange des souplesses qui seraient accordées aux entreprises, le Medef s’engage à recruter 100 000 alternants de plus d’ici à 2018, pour passer de 580 000 contrats aujourd’hui à près de 700 000 en cinq ans.

Décider de la carte des formations

Selon le Medef, entreprises et branches doivent devenir co-conceptrices des programmes de la formation professionnelle, avec l’Education nationale. L’organisation patronale aimerait "inverser la logique" qui préside à la définition des contenus des programmes. Aujourd’hui, l’Education nationale est à l’initiative, puis consulte les entreprises, et décide. " Il faudrait que les branches qui en sont capables tiennent le secrétariat des commissions professionnelles consultatives (NDLR : où se décident les contenus) ", précise le Medef. L’organisation patronale souligne que certaines branches sont déjà très présentes dans ces commissions, et capables d’assumer cette responsabilité, tandis que d’autres ne pourront pas le faire, faute d’investissement suffisant sur cette question, pour le moment.

Dans le même ordre d’idée, le Medef aimerait que les partenaires sociaux - entreprises, branches, organisations syndicales - puissent décider, avec les régions, de la carte des formations, pour une approche territoriale. Il propose aussi de généraliser le contrôle continu dans les formations par alternance, afin de ne pas concentrer les examens en fin d’année scolaire, le calendrier de l’Education nationale ne correspondant pas du tout à celui des entreprises.

Côté financement, le Medef réclame une plus grande liberté dans l’affectation de la taxe d’apprentissage, et une simplification du dispositif. Il propose de fusionner la taxe d’apprentissage et la contribution au développement de l’apprentissage - versée aux régions.

Plus d’obligation d’embauche

Ces propositions ont été faites par l’organisation patronale au ministre du Travail, qui consulte, en ce moment, syndicats de salariés et organisations patronales sur une réforme de l’apprentissage. En juin dernier, lors de la conférence sociale, François Hollande avait proposé de laisser les entreprises intervenir dans la définition du contenu des programmes de l’apprentissage, à condition qu’elles s’engagent à recruter les jeunes apprentis en CDI, à l’issue de la formation. Cette demande du chef de l’Etat a disparu de la lettre de cadrage sur l’apprentissage envoyée le 29 août aux partenaires sociaux par Michel Sapin. Le Medef ne reprend pas cette contrainte dans le "pacte de confiance" qu’il propose au gouvernement, et préfère parler d’un "encouragement" à l’embauche.

Cécile Maillard

Pacte de l'Alternance Pour La Jeunesse by L'Usine Nouvelle

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS