IQM bat tous les records en Europe. La deeptech finlandaise, qui conçoit et fabrique des ordinateurs quantiques fondés sur des qubits supraconducteurs, a annoncé le 3 septembre une levée de fonds de série B de 275 millions d’euros. Jamais une telle somme n’avait encore été atteinte sur la scène européenne des technologies quantiques. Depuis sa création en 2018, IQM a reçu un financement total de 515 millions d’euros.
Le fonds finlandais Tesi est l’un des financeurs historiques d’IQM ayant contribué à ce tour de table. Le principal meneur de l’opération est cependant le capital-risqueur américain Ten Eleven Ventures, qui soutient habituellement des entreprises de cybersécurité. Pour IQM comme pour d’autres deeptechs oeuvrant dans la filière quantique, il est visiblement difficile de poursuivre son développement sans faire appel à des financeurs non-européens. La souveraineté prônée par les autorités européennes semble bien loin.
Un accélérateur de R&D
IQM compte utiliser cet argent pour, entre autre choses, accélérer sa feuille de route technologique, qui prévoit pour le moment l’arrivée d’un ordinateur quantique tolérant aux fautes (donc protégé contre les erreurs qui entravent le calcul quantique) en 2030. Sa présence commerciale aux Etats-Unis devrait également s’étendre.
L’offre actuelle d’IQM comprend deux gammes d’ordinateurs quantiques, Spark et Radiance, ainsi qu’un service de calcul quantique disponible sur le cloud, nommé Resonance. Spark, équipé de 5 qubits, se destine aux laboratoires et aux universités. Un exemplaire est installé depuis octobre dernier dans l’usine d’Eviden, à Angers. Radiance, qui comporte aujourd’hui jusqu’à 150 qubits, cible davantage les centres de calcul intensif, à des fins d’hybridation avec des supercalculateurs.





