La Chanvrière a décidé de passer un nouveau cap avec la saturation de ses deux lignes de production de son usine de Saint-Lyé à côté de Troyes (Aube) où ses 80000 tonnes de chanvre sont déjà traitées chaque année. La coopérative agricole auboise a donc décidé d'ouvrir une seconde usine de transformation à Juniville (Ardennes) afin d’y traiter 50000 tonnes supplémentaires par an.
Après avoir exploré ces derniers mois plusieurs pistes au nord de Reims (Suippes, Chalons en-Champagne) et dans les Ardennes (Tagnon, Châtelet-sur-Retourne), les dirigeants de la Chanvrière ont fini par trouver le terrain idoine. «A partir de la paille de chanvre, on va en extraire la fibre qui se trouve en périphérie de la tige pour produire plus de 30000 tonnes de fibre par an» explique Benoit Savourat, le président de La Chanvrière.
Entre quinze et 20 emplois créés
Cette unité de transformation du chanvre prendra place sur un terrain d’une superficie de cinq hectares situé sur une zone artisanale appartenant à la communauté de communes du Pays Rethélois et correspondant parfaitement au projet. «L'objectif est de déposer le permis de construire en fin 2025 et de commencer à construire des bâtiments de transformation, de défibrage et de stockage en 2026 pour démarrer la production industrielle en fin 2027, complèteBenoit Savourat. Au minimum, il s’agira d’un investissement de quinze millions d’euros avec la création de 15 à 20 emplois. A moyen terme, les agriculteurs de nos diverses zones d’approvisionnements dans la Marne, les Ardennes et l’Aisne orienteront donc leurs pailles vers Juniville. ».
Les multiples usages du chanvre
Fondée en 1973, ayant longtemps été l’unique entreprise de transformation du chanvre en Europe, la Chanvrière a actuellement une capacité de 80000 tonnes, s’appuie sur 780 adhérents (producteurs et agriculteurs), produit entre 12 et 15000 hectares de chanvre par an, emploie 75 salariés sur son seul site aubois et réalise un chiffre d’affaires de 47 millions d’euros. La coopérative concentre 25% de la production européenne et 75% sur le plan national. Après avoir utilisé le chanvre dans la papeterie, la Chanvrière a progressivement trouvé d’autres débouchés : les papiers spéciaux fins et résistants, la plasturgie (pour remplacer les fibres de verre dans les composites), le textile (cordes et ficelles, fabrication de tapis, de sacs, de vêtements ou de chaussures) et même la construction de… bâtiments. En effet, la plante peut être transformée en granulats et en matériaux dans la composition de mortiers et du béton. Le chanvre industriel intervient, par ailleurs, dans la litière animale, l’alimentation, la cosmétique, la jardinerie, la biomasse ou dans l’utilisation de plusieurs types d’isolants ou de feutres pour l’isolation acoustique en sous-couches de planchers.





