Dans un tout récent rapport intitulé « Sciences : où sont les femmes ? », l’Académie des sciences s’inquiète à nouveau de la sous-représentation des femmes dans les métiers des sciences et de l’ingénierie. Elle parle même de « problème majeur » qui « prive les sociétés d’une partie de leurs talents potentiels, pourtant nécessaires pour faire face à des défis environnementaux, climatiques ou encore énergétiques sans précédent ». Quelques chiffres étayent ce constat. Seulement 13% des étudiantes universitaires sont diplômées (contre 40 % des étudiants) dans les domaines des Sciences, technologies, ingénieries et mathématiques (STIM), en 2023. Entre 2011 et 2021, les femmes sont de plus en plus nombreuses parmi les enseignants-chercheurs en fonction dans l’enseignement supérieur. Mais de fortes disparités existent entre les disciplines (elles sont sous-représentées en mathématiques, physique, davantage attirées par les sciences de la vie). Enfin, si la proportion de femmes dans les sciences commence à s’approcher de la parité en début de carrière, elle chute progressivement d’un facteur deux pour arriver à un plafond de verre, qui réduit leur accès aux promotions et, entre autres, leur entrée dans les académies, souligne Françoise Combes, vice-présidente de l’Académie des sciences qui ne compte d’ailleurs que 18 % de femmes dans ses rangs. Puis, au-delà des constats, le rapport liste des recommandations pour faire bouger les lignes. Malheureusement, pas vraiment de recette miracle, mais la confirmation qu’il faut poursuivre les actions engagées.
Les stéréotypes toujours pointés du doigt
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Ainsi, l’Académie des sciences confirme qu’il faut lutter contre les stéréotypes de genre, avec une meilleure formation scientifique des professeurs des écoles et une mise en lumière des jeunes femmes scientifiques, citant son partenaire avec le programme de la Fondation L’Oréal-Unesco « pour les femmes et la science ». L’institution confirme qu’il faut lutter contre le manque d’attractivité des carrières scientifiques pour les femmes, en corrigeant les biais qui tendent à récompenser davantage les hommes lors de remises de prix, ou en garantissant un meilleur équilibre entre vie professionnelle scientifique et vie de famille. Le rapport évoque, par exemple, des reculs de limite d’âge pour les mères de famille. L’Académie insiste, enfin, sur l’importance du sujet des violences sexuelles et sexistes. “ Le monde scientifique peut créer des situations particulières, découlant, par exemple, de l’emprise du chef de groupe sur les membres féminins de son équipe ”, explique le rapport qui préconise la mise en place d’un observatoire national et de référents formés dans chaque laboratoire. On l’aura compris, l’Académie souhaite prendre sa part pour tenter de gommer cette inégalité entre femmes et hommes dans les sciences, mais en appelle à un effort collectif, considérant que cela reste " l’affaire de toutes et tous ".





