HDF emballages met au point une palette en plastique réparable

Le fabricant du Pas-de-Calais s’est servi de son expérience dans la restauration de palettes en bois pour développer une alternative durable en plastique. Il vise la grande distribution, les logisticiens et l’industrie.

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HDF Emballages palette réparable
Répondant au standard Epal (1200 x 800 mm), la palette réparable de HDF emballages pèse 17 kg environ. Elle est constituée de polypropylène (PP).

Certaines innovations ont parfois l’air tellement simples qu’on se demande pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt. La palette en plastique réparable de HDF emballages en fait partie. Composée de treize pièces interchangeables (un plancher, neuf plots, trois semelles), elle répond aux principes de la modularité, chaque élément pouvant être remplacé en cas de casse. « Les palettes en plastique ont plein d’atouts, mais elles ont aussi un défaut, elles sont irréparables », explique Grégory Leblan, le Pdg de HDF emballages.

Décidément plus chères que les palettes en bois, avec un coût qui varie de 50 à 80 euros, parfois plus, en fonction de leurs caractéristiques, ces solutions réemployantes sont de plus en plus appréciées par les logisticiens et la grande distribution, plus particulièrement par tous ceux qui disposent d’entrepôts automatisés. Grand nombre d’opérateurs, de Leroy Merlin à Intermarché en passant par Decathlon et Auchan, se sont tournés vers cette solution.

Son avantage ? La stabilité dimensionnelle. Les palettes en bois, y compris celles correspondant à la norme Epal, notamment de deuxième choix, peuvent, en effet, présenter des variations de taille, dues à un plot mal positionné, une planche cassée, une semelle ayant gonflé à cause de l’humidité… Avec, pour conséquence, des blocages intempestifs sur les convoyeurs, qui impliquent des interventions humaines et donc, des pertes de temps.

L'expérience du bois

« Avec notre palette, l’utilisateur ayant fait le choix du plastique ne sera plus obligé de jeter un produit à 50 euros s’il l’abîme, mais pourra le réparer pour trois ou quatre euros au maximum, juste en changeant l’élément défectueux », souligne le dirigeant. Grégory Leblan n’avait pourtant pas de liens spécifiques avec la palette en plastique… Installée à Labourse (Pas-de-Calais) où elle a été fondée en 2016, l’entreprise, qui affiche un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros et emploie une soixantaine de salariés, est avant tout spécialisée dans le reconditionnement de palettes en bois.

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Il a commencé à s’intéresser à la palette en plastique il y a trois ans, à la suite de la demande d'un de ses clients, Jokey France, un producteur de seaux et de contenants en plastique, situé dans la même commune. « Ce client, devenu un ami, ne comprenait pas pourquoi les fournisseurs traditionnels ne proposaient pas des produits réparables », se souvient Grégory Leblan. L’expérience accumulée dans la réparation des palettes en bois, composées elles aussi d’un plancher, de plots et de semelles a été un atout.

Recherche d'antériorité 

Deux ans de développement ont toutefois été nécessaires avant de parvenir aux deux premiers prototypes. Deux brevets ont été déposés. « Nous avons fait des recherches d’antériorité via un cabinet d’avocats. Il s'agit de la seule palette ayant cette conception particulièrement avancée et pouvant être intégralement réparée », remarque Grégory Leblan. Et de détailler : « Le montage et le démontage s'effectuent de manière ingénieuse, puisque les neuf plots viennent se visser très précisément dans le plancher, puis les trois semelles se clipsent sous les plots. »

HDF emballages indique avoir effectué des tests, chez Jokey, puis chez deux acteurs de la grande distribution qui démontrent que la palette, bien qu'elle ne soit pas constituée d’un seul bloc, comme les palettes injectées, garde intactes ses dimensions et peut donc transiter sur les convoyeurs automatisés en toute sécurité. Il reste maintenant à passer à l’échelle industrielle, ce qui nécessite d’investir dans un moule de plusieurs centaines de milliers d’euros. L’entreprise a identifié deux injecteurs présents dans la région possédant les moyens techniques pour réaliser la palette, et notamment une presse de 2500 tonnes pour injecter le plancher, mais seule, elle hésite à sauter le pas.

Coût et environnement

« Nous recherchons un client sur lequel nous pourrions nous adosser, nous pourrions même le faire rentrer au capital », indique Grégory Leblan. HDF emballages met en avant plusieurs atouts dans son projet : le coût, tout d’abord, qui permettrait à l’utilisateur d’amortir plus rapidement la dépense liée à l’achat d’un parc de palettes et l’environnement, ensuite, puisque les emballages, réemployables, sont également réparables et peuvent donc durer plus longtemps. La société prévoit par ailleurs d’utiliser du polypropylène recyclé pour fabriquer ses produits et de regranuler les pièces cassées pour en fabriquer de nouvelles, toujours par injection.

La progressive entrée en vigueur du règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) qui fait la part belle au réemploi et, surtout, le vaste chantier de la REP sur les emballages professionnels, dont l’application est prévue dans les prochains mois, se présentent comme des opportunités pour parfaire le projet.

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