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Guichon fait maigrir ses valves

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Guichon Valves a ouvert les vannes de l’éco-conception pour son produit phare. Avec pour objectif de réduire les impacts environnementaux et les coûts de fabrication.

Guichon fait maigrir ses valves
Les ingénieurs sont partis d’une feuille blanche pour concevoir la valve.
© crédit photo

Une géologue à la direction de la production, une diplômée des beaux-arts devenue acheteuse, une libraire qui a troqué ses rayons de livres pour un tour à commandes numériques… Pour le fabricant de vannes et de robinetterie Guichon Valves et pour son directeur général, Thierry Perrier, la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) n’est pas un concept vide de sens. Cette politique s’insère dans un « projet global », dans les relations et conditions de travail, dans les bonnes pratiques avec les fournisseurs, dans le management, dans la redistribution d’un quart des profits de la société aux salariés, dans la parité au comité de direction, dans la création de nouveaux espaces de créativité et de détente. Et dans le lancement d’une démarche d’éco-conception confiée à un apprenti ingénieur en mécanique productique, Rudy Repellin.

Deux ans de remue-méninges

Celle-ci a été enclenchée après qu’un responsable du bureau d’études, lors d’un stage de formation proposé par la région Rhône-Alpes et le Centre technique des industries mécaniques (Cetim), a compris l’intérêt de cette approche. Plutôt que de l’appliquer à un nouveau produit, l’entreprise de Chambéry (Savoie) a décidé de l’expérimenter sur son produit phare, une vanne à passage direct qui représente 30 à 40 % de ses ventes. Un produit de conception ancienne dont les parts de marché s’érodaient. Le parti pris a été de mener cette action « de A à Z, en repartant d’une feuille blanche », explique Rudy Repellin, l’objectif étant de réduire les impacts environnementaux et les coûts de fabrication.

Après avoir dressé un état des lieux, Guichon Valves a organisé des séances de brainstorming avec l’aide d’un consultant régional extérieur. Toutes les questions ont été abordées, de la provenance des matières premières aux besoins des clients, en passant par la consommation d’électricité des machines et l’analyse du cycle de vie. Ces sessions de créativité réunissaient une dizaine de personnes du bureau d’études, de l’atelier et du bureau des méthodes. Elles ont débouché sur de nouvelles idées relatives à des procédés moins polluants, à la conception des pièces, sans s’affranchir des normes très strictes propres à certaines pièces de sécurité.

À la fin de cette phase, deux types de conception, par moulage et par mécano-soudure, se sont dégagés. « En partenariat avec le Cetim, chacune de ces solutions a été modélisée. À chaque fois, nous avons cherché à savoir ce qui avait le moins d’impact sur le plan environnemental et ce qui était le plus viable économiquement », observe Rudy Repellin. Ce travail a abouti à l’ébauche de prototypes sur plans remis à la direction de la société. En accord avec les différents intervenants, celle-ci a retenu la solution mécano-soudée, « parce qu’elle correspond davantage à notre cœur de métier, aux produits sur mesure qu’on fabrique », relève l’apprenti ingénieur. ­Mi-2015, un prototype plus abouti a été présenté. Il pèse trois kilos de moins que la vanne commercialisée aujourd’hui. Le nombre de pièces de manœuvre est passé de cinq à deux, l’épaisseur du corps de la vanne et la taille des boulons ont été réduites. Une seule opération d’usinage est aujourd’hui nécessaire. L’impact environnemental a été réduit de 60 % et le coût de revient a diminué de 25 à 30 %. L’objectif est d’atteindre 40 % à terme. Deux ans de remue-méninges auront été nécessaires pour parvenir à ce résultat.

Une démarche d’amélioration continue

La démarche sera généralisée à toute la gamme de produits. « Nous voulons acquérir de vrais réflexes d’éco-conception, insiste Rudy Repellin qui, après un stage aux États-Unis, sera embauché par Guichon Valves. Cette approche est extrêmement motivante pour tous les services de l’entreprise. Cela n’a rien à voir avec une opération de greenwashing. » Les conclusions ont été transmises au service des méthodes qui est chargé de les propager à tous les niveaux pour le développement de l’ensemble des vannes.

Cette stratégie participe d’une démarche d’amélioration continue. Guichon Valves est réputé pour la qualité de ses robinets, vannes et clapets, recherchés par des industriels de la pétrochimie, de la pharmacie, du nucléaire et de la plasturgie. Des pièces sur mesure soumises à de hautes températures, à de hautes pressions, à des produits corrosifs et qui répondent à des conditions critiques sévères. En dix ans, le chiffre d’affaires de l’entreprise, reprise en novembre?2015 par le groupe Valco, a triplé. L’an passé, il a atteint 11?millions d’euros, dont 85 % réalisés à l’international, avec 80 salariés.

Pour Thierry Perrier, l’expérience est probante dans la mesure où elle combine « performances de l’entreprise et intérêt de la planète ». Pour l’accompagner, de premières décisions ont été prises. Elles concernent l’achat d’un logiciel de calcul pour optimiser les épaisseurs des produits et d’une aléseuse qui consomme moins d’énergie et permet d’accélérer la cadence de production. Guichon Valves est aussi engagé dans un projet d’extension de ses locaux qui comprendront notamment des espaces de créativité et de détente et une salle dédiée à la pratique de la mindfulness, le bien-être au travail n’étant pas considéré par la société comme subsidiaire. 

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