Eutelsat mise sur trois lanceurs pour faire jouer la concurrence dans les satellites

L'opérateur européen de satellites veut pouvoir s'appuyer sur une offre de lanceurs diversifiée pour mettre sur orbite à des prix compétitifs ses satellites destinés aux marchés de la télévision haut débit et des services internet dans les pays émergents.

 

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Un satellite Ka-Sat d'Eutelsat en test à Toulouse -Crédits Airbus Defence and Space SAS

Les équipes d'Eutelsat seront très occupées dans les semaines qui viennent. "Nous allons accélérer notre programme d'expansion. Dans les six mois qui viennent, nous avons quatre lancements prévus. Dans notre histoire, cela n'est jamais arrivé", explique son PDG Michel de Rosen.

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Pour cela, il faudra que les trois sociétés capables de lancer des satellites commerciaux soient au rendez-vous. La fusée russe Proton doit lancer deux satellites (l'un fin décembre, l'autre en janvier) pour apporter des services en Europe ainsi qu'en Russie et en Afrique Subsaharienne.

L'américain SpaceX et l'européen Arianespace doivent chacun mettre sur orbite un satellite qui couvrira l'Amérique latine au premier trimestre 2016.

La société américaine serait relativement transparente vis-à-vis de ses clients quant à son retour en vol."Nous avons un dialogue quotidien avec SpaceX. Entre ingénieurs, le dialogue va assez loin dans le détail. Le climat est collaboratif. SpaceX a fait un effort féroce pour tout revoir. Ils font un gros effort d'audit de chacun de leur fournisseurs et d'internalisation encore accrue de certains de leur composants", explique Michel de Rosen.

La disponibilité de ces trois lanceurs est fondamentale pour la bonne conduite des projets d'Eutelsat. "Nous voulons toujours avoir trois fournisseurs et pas moins. Pourquoi? Ce serait dangereux de se retrouver face à un duopole. S'il arrivait une difficulté à l'un d'eux, on se trouve alors devant un monopole (…) Aujourd'hui la tendance est favorable. Avec l'arrivée de SpaceX, les coûts des lancements ont tendance à baisser et les prix de vente d'Ariane 6 seront plus compétitifs que ceux d'Ariane 5. Nous avons besoin d'une concurrence vigoureuse entre nos fournisseurs et nous l'avons", se réjouit Michel de Rosen.

payer plus cher plutôt de que décaler

Toutefois, la situation reste fragile. Ainsi la fusée Falcon 9 de SpaceX a été indisponible plusieurs mois après son explosion en vol en juin dernier. Elle devrait effectuer son retour sur les pas de tirs ce mois-ci. Cela a ainsi décalé de plusieurs mois la mise sur orbite du satellite Eutelsat 117 West B au premier trimestre 2016 initialement prévue en décembre.

Le lanceur Proton est revenu dans le jeu après avoir aussi échoué à mettre sur orbite un satellite mexicain en mai dernier. Seule Ariane 5 affiche une fiabilité sans faille avec 68 succès consécutifs. La situation n'est toutefois pas idéale du fait de l'obligation pour le lanceur européen de lancer deux satellites à la fois.

Récemment, Eutelsat en a frait les frais car Arianespace ne disposait pas de petit satellite à lancer pour accompagner le gros satellite d'Eutelsat. "Plutôt que de décaler notre lancement, nous avons fait l'effort financier de commander le lanceur qui mettra sur orbite uniquement que notre satellite", explique le dirigeant.

Toutefois Eutelsat continue d'afficher une rentabilité insolente alors qu'il fête ce mois-ci ses dix années de cotation en bourse. Durant la décennie, sa flotte de satellites a cru de 60% avec désormais 38 machines opérationnels qui diffusent plus de 5800 chaînes. Entre 2005 et 2015, l'opérateur a doublé son chiffre d'affaires à près 1,5 milliard d'euros, avec une marge d'EBITDA stratosphérique de 77%.

Le filon de la TV haute définition

Le filon spatial semble toujours aussi prometteur. Les télévisions auront besoin de nouveaux satellites pour diffuser leurs programmes en haute définition. Ainsi la pénétration de la haute définition (HD) devrait représenter 38% du parc mondial des chaînes en 2024 contre 14% l'an dernier.

L'opérateur s'est également positionné sur le marché des accès Internet par satellite pour les pays émergents. Ils espère bien capter une partie des 650 millions d'internautes africains en 2020 contre 150 millions actuellement. Autant d'opportunités à saisir à condition que les lanceurs soient au rendez-vous.

Hassan Meddah

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