Industrie Pharma : Comment s'organise la logistique d'Arrow en France ?
Céline Clément : Le Laboratoire dispose d'un site de stockage à Val-de-Reuil, géré par Géodis, qui accueille et stocke les produits finis en provenance de nos différents partenaires. Nous travaillons aussi avec d'autres dépositaires qui nous permettent de livrer tous nos clients en France, que ce soit vers le marché des pharmacies de ville ou les pharmacies hospitalières. Nous traitons en direct chaque commande. En termes de volumes, cela représente 12 à 13 millions de boîtes par mois, un chiffre qui augmente régulièrement. Nous avons plus de 900 références en stock. L'ensemble représente plus de 20 000 palettes
Cédric Lerissel : Les transports se font en température dirigée 15-25 tout au long de l'année, via des camions «tollés» et fermés. Nous privilégions la route avec des flux principaux en France et en Europe, plus rarement l'aérien en cas d'urgence.
Pourquoi ce nouveau site logistique dans l'Ain, à Saint-Vulbas ?
C.C. : Nous avions un réel besoin de capacités de stockage, notre site de Val-de-Reuil n'est plus assez grand pour prendre en charge les volumes que nous allons atteindre. Nous avons ainsi à gérer du stock de débord et cette gestion coûte très cher. C'est réellement le point qui a motivé la recherche d'un nouveau site et le début de la réflexion sur le sujet, dès 2017.
Au départ, nous avions demandé à Géodis de travailler sur un nouveau site à côté de Val-de-Reuil puis, petit à petit, nous est venue l'idée de rapprocher notre futur site logistique de notre siège social, basé à Lyon. En étant loin de notre siège, nous n'avions pas la possibilité de voir passer nos produits.
Avec cette idée de se rapprocher du siège, nous avons aussi voulu construire un site qui ne soit pas uniquement logistique mais aussi industriel. L'idée est ainsi d'asseoir un site à la fois logistique et industriel, à proximité du siège. Idéalement, nous souhaiterions ainsi intégrer une partie dédiée au conditionnement à ces entrepôts.
Comment s'est fait le choix sur la localisation finale du site ?
C.L. : Nous avions un critère financier et la volonté de construire dans une zone située dans un rayon de 50 kilomètres autour de Lyon. Le second critère était d'avoir une réserve de foncier suffisante pour éventuellement prévoir une extension, ce qui est le cas sur la zone retenue. Nous avions finalement retenu trois localisations possibles. La recherche du terrain a démarré au printemps 2019 avec une construction commencée en juin 2020.
Au moment de la crise du Covid-19, au printemps, beaucoup de dispositions suspendaient certains délais administratifs, ce qui a décalé notre chantier d'un mois. Ce qui est relativement peu, au final. Celui-ci est mené en respectant la distanciation sociale, notamment avec une prise de température pour les différents opérateurs sur le chantier.
Quelles dimensions et capacités avez-vous finalement retenues pour ce site ?
C.L. : Tous les retours que nous avions sur la conception d'un site logistique nous disaient : « vous allez toujours construire trop petit ».
Donc, nous avons essayé de voir les choses en grand et de réaliser une étude pour adapter notre capacité à nos futurs besoins. Il fallait ainsi que le bâtiment puisse nous donner une visibilité sur les dix années à venir, qu'il soit suffisamment souple et modifiable pour évoluer. Nous avons conçu les différents modules du site de manière à ce que chacun d'entre eux puisse s'étendre, si le besoin s'en faisait ressentir.
Toutes les parties, que ce soient les bureaux, la zone de stockage ou une éventuelle future unité de conditionnement, pourront être modulaires et s'agrandir. Nous disposerons d'une cellule froide de 2 à 8 °C qui pourra accepter une capacité de 400 palettes. Tout le reste du site sera en 15-25 avec une capacité de plus de 30 000 palettes.
Avez-vous fait appel à une société de maîtrise d'ouvrage ?
C.L. : C'est une des clefs du projet pour nous que d'avoir fait appel à cette société d'assistance à maîtrise d'ouvrage, qui nous a aidés à chaque étape. Quand nous cherchions un terrain, certains brokers nous proposaient de travailler en direct, sans passer par une société d'assistance à maîtrise d'ouvrage, mais nous avons fait appel à la société D2P, qui nous a permis de bien maîtriser le coût du projet avec un accompagnement au quotidien. C'est un peu comme la construction d'une maison, il faut une coordination des différentes expertises techniques qui vont se succéder dans ce genre de projet. Il y a, à la fois, des contraintes réglementaires très fortes et des aspects techniques liés à la logistique et à l'entreposage.
Par exemple, la dalle sur laquelle reposent les bâtiments va supporter le poids de tous les produits, il faut donc bien réfléchir à quel type de stockage on fait appel, quel type de chariot de manutention nous allons installer, etc. Selon le palettier dont on dispose, on va déplacer les palettes plus ou moins rapidement, ce qui a un impact sur la productivité. Nous profitons aussi de l'ouverture de ce nouveau site pour remettre à neuf nos outils, avec l'utilisation de tablettes numériques pour les employés, par exemple.
Arrow Combien d'employés seront présents sur ce futur site ?
C.L. : Pour l'activité logistique, l'ensemble du personnel sera du personnel de Géodis, notre prestataire, ce qui représente une centaine de personnes, composée de préparateurs de commandes, caristes, etc. L'originalité du site est aussi d'intégrer une partie bureaux destinée aux personnels d'Arrow, dans laquelle travailleront quelques personnes en lien avec la logistique dans le groupe, mais qui aura essentiellement pour but d'accueillir le personnel en télétravail autour de la région.
Le site sera ainsi plus proche de l'aéroport, ce qui permettra à nos employés en transit de gagner du temps, plutôt que d'avoir à repasser par notre siège lyonnais. L'objectif est d'offrir une possibilité supplémentaire pour nos employés, avec une dizaine de postes de travail prévus à cet effet.
Quel a été l'impact de la crise sur la logistique d'Arrow ?
C.C. : La crise a généré une certaine complexité, nous avons pu avoir des blocages sur certaines matières premières avec des fournisseurs qui ont pu être confrontés à des difficultés. Il y a également eu une explosion du coût des différents transports, avec notamment des produits à faire venir en urgence, par avion. Cela a compliqué certains flux logistiques et généré certaines ruptures. Cette crise nous pousse à anticiper nos approvisionnements et à revoir et nos couvertures de stocks.
Il a également fallu faire face à une demande - soit à la hausse, soit à la baisse - de certains de nos produits, avant ou pendant le confinement. Par exemple, certains médicaments destinés à traiter les symptômes du Covid-19 ont connu une forte demande au printemps, les ventes ont augmenté très rapidement. Nous devons aussi faire face et remédier aux ruptures d'autres concurrents et être capables de réagir très rapidement afin de livrer nos clients dans les meilleurs délais.
À l'heure actuelle, nous estimons que nos capacités de stockage, programmées sur ce futur site, seront suffisantes. Nous avons encore de la marge, et d'un point de vue financier, ce stockage a aussi un coût qu'il faut maîtriser.
C.L.: Il est important de noter que la livraison des produits pharmaceutiques a toujours été prioritaire pendant la crise versus la livraison d'autres types de produits. Juste avant le confinement, nous avions mis en place des mesures de distanciation sociale sur le site de notre partenaire Géodis, avec des mesures qui ont fait baisser la productivité. Malgré cela, nous avons pu faire face à l'explosion des commandes juste avant le confinement.
C.C.: Nous essayons en permanence de réajuster les stocks, de revoir nos prévisions selon les besoins de nos clients et les évolutions de la crise sanitaire. Dans la pharmacie, les délais d'approvisionnement sont cependant relativement longs pour la production, avec des temps d'exécution de quatre à cinq mois, ce qui entraîne une certaine inertie pour réajuster nos besoins. Il est difficile d'anticiper la situation pays par pays, avec des problématiques qui varient selon les régions. Mais, globalement, cela s'est toujours bien passé, et nos fournisseurs ont réussi à limiter les arrêts de production.
LE FUTUR SITE ARROW DE SAINT-VULBAS EN BREF
- Une surface totale de 25 000 m2
- Une capacité de 400 palettes stockées en 2-8 et 32 000 palettes stockées en 15-25
- Plus de 100 employés sur le site
- Possibilité d'agrandir et d'ouvrir plusieurs lignes de conditionnement sur le site
- Ouverture programmée pour le 2e semestre 2021





