En Haute-Savoie, des industriels qui tentent de se réinventer

L’événement "Territoires & Industrie", organisé par L'Usine Nouvelle et la Gazette des communes, pose ses valises à Cluses (Haute-Savoie), le 10 avril. L’occasion de mesurer la résilience de cet écosystème économique robuste mais confronté à des défis structurels majeurs.

Cluses vallee de l'usinage et du decolletage paysage montagne Alpes
Cluses, vallée de l'usinage et du decolletage, en Haute-Savoie, accueille la tournée Territoires & Industrie le 10 avril 2025.

Le dynamisme haut-savoyard tutoie les sommets. En plus d’un taux de chômage parmi les plus bas en France (5,4% au quatrième trimestre 2024), le département jouit d’une croissance démographique qui en fait, là encore, une locomotive hexagonale. Entre 2016 et 2022, sa population est passée de près de 800000 à 850000 habitants, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Les raisons de cet attrait ? La proximité de la Suisse et ses rémunérations deux à trois fois supérieures : un quart des actifs résidant en Haute-Savoie travaillent de l’autre côté de la frontière, soit près de 100000 frontaliers. Mais également la vigueur de son économie qui repose notamment sur l’industrie (20% de son PIB) et le tourisme (15% de l’emploi total salarié du secteur privé). Deux piliers qui cheminent toutefois sur une zone de crête aujourd’hui et doivent se réinventer à marche forcée.

La première menace concerne le secteur industriel et plus particulièrement le décolletage, qui produit des petites pièces de micromécanique. Née à la fin du XIXe siècle pour répondre aux besoins de l'industrie horlogère suisse, cette filière concentre aujourd’hui près de 300 établissements et représente 6000 emplois directs et 12000 indirects, essentiellement entre Cluses et Sallanches, dans la vallée de l’Arve.

«Un bouleversement structurel pour le décolletage»

Historiquement très dépendantes du marché automobile, ces entreprises doivent s’adapter à la fin des moteurs thermiques en Europe en 2035 et à l’électrification du parc, des véhicules nécessitant sept fois moins de pièces. «Le décolletage a connu des crises conjoncturelles multiples dans son histoire. Mais là, il s’agit d’un bouleversement structurel avec la disparition d’un débouché à fort volume sans équivalent», s’inquiète Philippe Carrier, président de la CCI Haute-Savoie.

Le virage est malgré tout déjà bien amorcé chez les industriels locaux. «La part de l’activité automobile est passée de 80% dans les années 2010 à 45 % aujourd’hui», relativise Camille Pasquelin-Vauthier, la directrice du syndicat national du décolletage (SNDEC). Un basculement au profit de l’aéronautique (20% du chiffre d’affaires global), des biens d’équipement, du nucléaire, de la défense, du médical voire des nouvelles mobilités. À l’image du groupe Savoy (600 salariés en France et 120 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024) qui a investi 10 millions d’euros pour se diversifier dans les véhicules électriques. Sa détonante “Bagnole”, un quadricycle électrique aux allures de Méhari, sort tout juste de ses ateliers de Thyez.

Des sports d’hiver à la montagne en toute saison

La deuxième menace ? Le réchauffement climatique et, en conséquence, la réduction progressive de l’enneigement dans les stations de ski (la Haute-Savoie représente 20% du domaine skiable français). Pour pallier à la raréfaction de l’or blanc à l’avenir, les entreprises du secteur élargisse leurs horizons.

Le fabricant de skis Rossignol vient par exemple d'annoncer la délocalisation en Espagne de la fabrication de ses modèles enfants qui étaient jusqu'alors conçus sur son site Dynastar, dont il est propriétaire, à Sallanches. Dans le même temps, il a engagé une diversification stratégique vers les sports de montagne toute l’année, à travers sa première collection de chaussures et de textile de trail. Avec l’ambition que cette gamme printemps-été représente 15% de son activité d’ici 2028.

Un pas de côté entrepris il y a une vingtaine d’années par l’équipementier annécien Salomon. Avec succès : les chaussures (outdoor, running et sneakers) sont aujourd’hui la première source de revenus pour l’ex marque de sports d’hiver.

Le territoire aura l’occasion d’afficher cet inéluctable nouveau positionnement lors de deux événements majeurs à venir : les championnats du monde de cyclisme en 2027 et, trois ans plus tard, les Jeux olympiques d’hiver, attribués aux Alpes françaises. «Ils devront être un laboratoire pour la transition vers la montagne de demain», espère Philippe Carrier.

Inscrivez-vous gratuitement pour assister à l'étape de Territoires & Industrie à Cluses le 10 avril prochain sur ce lien.

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