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L'Usine Agro

Malgré une production historiquement basse en 2017, les vins s'exportent toujours plus

Victoire Saugnac , ,

Publié le

En 2017, le monde viticole a enregistré la plus faible production mondiale de vin depuis 1957, avec un total de 250 millions d’hectolitres. Retour sur les causes et les conséquences de ce record historique.

Malgré une production historiquement basse en 2017, les vins s'exportent toujours plus
Des vignes ravagées par le gel du printemps 2017
© Franck Stassi

Entre 2015 et 2016, le potentiel de production viticole avait légèrement augmenté, passant de 7,5 à 7,6 millions d’hectares exploitables à travers le monde, avant de se stabiliser entre 2016 et 2017, selon les chiffres présentés par l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin). En France, en 2017, on a même gagné quelques 900 hectares, tandis qu’en Espagne, ce sont plus de 8 000 hectares qui ont été supprimés par rapport à l’année précédente.

Les trois grands vignobles mondiaux gardent néanmoins la même position : après l‘Espagne, la Chine devance encore la France. L’Europe reste - grâce à l’Espagne, la France et l’Italie qui représentent 75% des vignes européennes - le vignoble de référence, possédant 43% du vignoble mondial comme le rappelle l'association des acteurs de la filière Vin et Société.

Une production historiquement basse

Malgré des surfaces viticoles colossales, la production mondiale de vin a reculé de 8,6% de 2016 à 2017, en chutant à seulement 250 millions d’hectolitres, "la baisse la plus importante depuis plusieurs décennies". Pire encore, ces chiffres sont les plus bas enregistrés depuis 1957, quand la production était subitement descendue à 173 millions d’hectolitres. On est loin des 300 millions des années 70-80, et même des 290 millions de 2013. La cause de cette mauvaise surprise : le gel du mois d’avril 2017. Du 19 au 21, puis du 27 au 28 avril 2017, cinq nuits de gel avaient réduit à néant les espoirs de certains viticulteurs en détruisant considérablement les surfaces viticoles exploitables.

Si on regarde les chiffres, c’est effectivement en Europe, continent le plus touché par les aléas météorologiques cette année-là, que les productions ont le plus souffert. -17% pour l’Italie, -19% pour la France et -20% pour l’Espagne, les trois géants européens encaissent d'importantes pertes tandis que les variations ne dépassent pas les 5% aux Etats-Unis (-1%), en Chine (-5%) ou encore en Australie (+5%). L’Argentine gagne même 25% par rapport à 2016, se rapprochant des 12 millions d’hectolitres produits.

Le gel d’avril 2017 particulièrement violent en France

En France, les pertes en volume sont les plus lourdes, avec -8,7 millions d’hectolitres de production viticole par rapport à 2016. Toutes les régions ont été affectées par le gel du mois d’avril. Au moins 30% du potentiel bordelais avait été perdu, représentant 1 à 2 milliards d’euros de perte.

Le Val de Loire aurait perdu 80% de ses vendanges, et la Champagne 25%. Cette dernière est toutefois un minimum à l’abri grâce à sa "réserve champagne" qui constitue une forme d’assurance climat : une partie des stocks des années précédentes est conservée, permettant un assemblage stratégique qui a minimisé les pertes en 2017.

Une consommation intacte

En dépit d’un bilan de production déplorable, la consommation mondiale de vins de 2017 est estimée à 243 millions d’hectolitres, ce qui correspond à peu près aux conjonctures de production mondiale, et marque une augmentation d’1 million pour la troisième année consécutive, selon l’OIV. Un léger recul en France (-0 ,4%), mais une demande augmentant de 2,9% aux Etats-Unis et de 3,5% en Chine par rapport à 2016. 

L’exportation n’est pas en reste, et connaît une hausse de près de 5% en 2017. Cela représente 30,4 milliards d’euros, dont 9 milliards revenant à la France, qui s’accorde le statut premier exportateur mondial de vins en 2017. Evolution notable de l'an dernier : 8,6 millions d’hectolitres de vins effervescents ont été exportés, correspondant à 11,2% du volume mondial et 8,9% de la valeur globale. Un marché prometteur en pleine croissance.

Victoire Saugnac

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