Entre 2015 et 2016, le potentiel de production viticole avait légèrement augmenté, passant de 7,5 à 7,6 millions d’hectares exploitables à travers le monde, avant de se stabiliser entre 2016 et 2017, selon les chiffres présentés par l’OIV (Organisation Internationale de la Vigne et du Vin). En France, en 2017, on a même gagné quelques 900 hectares, tandis qu’en Espagne, ce sont plus de 8 000 hectares qui ont été supprimés par rapport à l’année précédente.
Les trois grands vignobles mondiaux gardent néanmoins la même position : après l‘Espagne, la Chine devance encore la France. L’Europe reste - grâce à l’Espagne, la France et l’Italie qui représentent 75% des vignes européennes - le vignoble de référence, possédant 43% du vignoble mondial comme le rappelle l'association des acteurs de la filière Vin et Société.
Une production historiquement basse
Malgré des surfaces viticoles colossales, la production mondiale de vin a reculé de 8,6% de 2016 à 2017, en chutant à seulement 250 millions d’hectolitres, "la baisse la plus importante depuis plusieurs décennies". Pire encore, ces chiffres sont les plus bas enregistrés depuis 1957, quand la production était subitement descendue à 173 millions d’hectolitres. On est loin des 300 millions des années 70-80, et même des 290 millions de 2013. La cause de cette mauvaise surprise : le gel du mois d’avril 2017. Du 19 au 21, puis du 27 au 28 avril 2017, cinq nuits de gel avaient réduit à néant les espoirs de certains viticulteurs en détruisant considérablement les surfaces viticoles exploitables.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Si on regarde les chiffres, c’est effectivement en Europe, continent le plus touché par les aléas météorologiques cette année-là, que les productions ont le plus souffert. -17% pour l’Italie, -19% pour la France et -20% pour l’Espagne, les trois géants européens encaissent d'importantes pertes tandis que les variations ne dépassent pas les 5% aux Etats-Unis (-1%), en Chine (-5%) ou encore en Australie (+5%). L’Argentine gagne même 25% par rapport à 2016, se rapprochant des 12 millions d’hectolitres produits.
Le gel d’avril 2017 particulièrement violent en France
En France, les pertes en volume sont les plus lourdes, avec -8,7 millions d’hectolitres de production viticole par rapport à 2016. Toutes les régions ont été affectées par le gel du mois d’avril. Au moins 30% du potentiel bordelais avait été perdu, représentant 1 à 2 milliards d’euros de perte.
Le Val de Loire aurait perdu 80% de ses vendanges, et la Champagne 25%. Cette dernière est toutefois un minimum à l’abri grâce à sa "réserve champagne" qui constitue une forme d’assurance climat : une partie des stocks des années précédentes est conservée, permettant un assemblage stratégique qui a minimisé les pertes en 2017.
Une consommation intacte
En dépit d’un bilan de production déplorable, la consommation mondiale de vins de 2017 est estimée à 243 millions d’hectolitres, ce qui correspond à peu près aux conjonctures de production mondiale, et marque une augmentation d’1 million pour la troisième année consécutive, selon l’OIV. Un léger recul en France (-0 ,4%), mais une demande augmentant de 2,9% aux Etats-Unis et de 3,5% en Chine par rapport à 2016.
L’exportation n’est pas en reste, et connaît une hausse de près de 5% en 2017. Cela représente 30,4 milliards d’euros, dont 9 milliards revenant à la France, qui s’accorde le statut premier exportateur mondial de vins en 2017. Evolution notable de l'an dernier : 8,6 millions d’hectolitres de vins effervescents ont été exportés, correspondant à 11,2% du volume mondial et 8,9% de la valeur globale. Un marché prometteur en pleine croissance.
Victoire Saugnac





