La Solideo a mis le CIM/BIM (City Information Modeling/Building Information Modeling) au cœur de sa double mission : livrer les 64 ouvrages pérennes nécessaires à l’organisation des Jeux Olympiques de Paris (JOP) de 2024 pour que l’événement se déroule comme prévu, et léguer des infrastructures utiles et durables aux territoires et à leurs usagers.
Créée en 2017, la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques assure un rôle de superviseur sur certains ouvrages et de maîtrise d’ouvrage sur certains projets. C’est le cas des ZAC du Village des Athlètes et du Cluster des médias, ou des projets d’écoles et de divers équipements publics. Tous ces ouvrages auront une double vie, puisqu’après les JOP, ceux-ci feront l’objet de travaux de réversibilité, quand cela est nécessaire, pour être livrés à leurs futurs habitants et aux communes.
Pour assurer le suivi en parallèle de tous ces projets simultanément, dès 2018 la décision a été prise de créer des jumeaux numériques et de fonctionner en mode « Full CIM / BIM ». Alexandre Mahfoud, CIM & BIM Manager de la Solideo livre quelques détails sur sa stratégie BIM : « Le BIM était l'un des grands objectifs de la Solideo, qui portent de grandes ambitions en termes d'excellence environnementale, de dynamique économique, et d'accessibilité universelle »
Le BIM a été rendu obligatoire pour chaque chantier
Cette stratégie BIM s’est dans un premier temps matérialisée par son volet contractuel. « Nous avons été pionniers sur ce plan » explique le responsable, « Nous avons rendu le BIM obligatoire dès la phase concours, ce qui n’est pas une pratique courante dans le secteur. Nous avons rédigé une charte CIM/BIM qui a été intégrée à tous les dossiers de marché. »
Alexandre Mahfoud estime que ce volet contractuel, incluant un aspect technique, fut clairement une clé du succès de cette approche. « J’ai commencé par créer un modèle de référence afin de nous assurer que toutes les maquettes seront bien homogènes. La charte vient préciser les exigences techniques comme le géoréférencement, le niveau de développement attendu, etc. Chaque maître d’œuvre crée ensuite son propre modèle BIM et nous l’envoie. »
Pour le responsable, le BIM est le jumeau numérique du bâtiment et doit refléter toutes les évolutions du projet, notamment au cours de sa construction. Le modèle doit vivre tout au long du projet, depuis sa phase de design, sa construction jusqu’à sa remise à ses futurs utilisateurs. « Nous avons reçu les premières versions dès la phase concours, nous les avons utilisées pour l’analyse de la qualité architecturale des offres, puis nous avons reçu des mises à jour à chaque nouvelle évolution du projet. La charte impose qu’à chaque phase du projet et que pour chaque modification majeure, une nouvelle version du BIM nous soit envoyée. »
1400 maquettes numériques rien que pour le village des athlètes
Chaque envoi doit comporter le modèle BIM en format natif et ainsi qu’en format standard IFC. Cette approche permet de résoudre tous les problèmes d’interopératibilité : « Les concepteurs utilisent plus de 8 logiciels différents, dont principalement Autodesk Revit et ArchiCAD, et nous utilisons Navisworks et Solibri pour le contrôle des modèles et principalement Navisworks pour la revue des projets », précise Alexandre Mahfoud.
Le jumeau numérique d’un ouvrage contient son modèle 3D, mais pas seulement. Il contient toutes les données relatives à chaque élément d’un bâtiment, de chaque objet pour chaque corps d’état : architecture, structure, CVC (chauffage, ventilation, climatisation), plomberie, réseaux, etc. « Nous avons utilisé la notion de variante implémentée dans les logiciels afin de gérer à la fois les maquettes de la phase Jeux Olympiques et celles pour l’après JO – la phase “héritage” -, ce qui représente de l’ordre de 2 fois 700 maquettes numériques pour le projet du Village des Athlètes. »
Outre les multiples projets de construction, la Solideo rénove près de 20 bâtiments existants, notamment le gymnase Pablo Neruda à Saint-Denis et la Grande Nef de L’Île des Vannes, à L’Ile-Saint-Denis. Pour ces ouvrages, une maquette de l’existant a été créée à partir d’une numérisation 3D dont la précision est inférieure au millimètre. Ainsi, l’architecte et le maître d’œuvre ont pu disposer d’une base très solide pour mener ces rénovations.





