Dès ce 17 janvier, les lycéens peuvent s’inscrire sur la plateforme Parcoursup, et formuler leurs premiers vœux pour la rentrée 2024. Sur les 23 000 parcours proposés, on retrouve plus de 400 formations d’ingénieurs, dispensées intégralement par des écoles d’ingénieurs dites “post-bac”. Elles assurent deux années de classes préparatoires dites «intégrées» (CPI), suivies du classique cycle ingénieur en 3 ans. Ces cursus sont de plus en plus prisés par les bacheliers, qui tournent ainsi le dos aux deux années de Classes Préparatoires aux Grandes Écoles (CPGE), souvent fastidieuses. En effet, à la rentrée 2022, le Ministère de l’Enseignement Supérieur a enregistré une baisse de 3,2% des effectifs en CPGE scientifique en un an.
Ainsi aujourd’hui, pour devenir ingénieur, la norme n’est plus le traditionnel Maths Sup Maths Spé : au total, 32% des étudiants en cycle ingénieur sont issus de classes préparatoires intégrées (CPI), contre seulement 33% de CPGE*. Le reste des étudiants viennent de BTS, d’IUT, d’université, ou d’autres formations.
Des écoles de bon niveau
Dans son palmarès 2024 des écoles d'ingénieurs, la rédaction de L’Usine Nouvelle classe 128 écoles, dont 71 recrutant au niveau post-bac. Chaque année, ces établissements trustent un peu plus les premières places : en 2024, ils forment la moitié du top 10. On y retrouve notamment des écoles privées du numérique, telles que l’ESILV, l’ECE ou l’EFREI Paris. Les suivantes n’ont pas à rougir de leurs résultats : de manière générale, l’insertion des étudiants ayant suivi un cursus en cinq ans est équivalente à celle de ceux passés par une CPGE. La proximité avec les entreprises et la capacité des établissements à être visibles à l’international sont également comparables. Notons cependant qu’en matière de recherche, en moyenne, les écoles recrutant uniquement au niveau bac+2 restent en tête du classement.
Un concours niveau bac
Attention cependant, si ces écoles en cinq ans ont su prouver la qualité de leur enseignement, et du diplôme délivré, elles ne sont pas pour autant la voie simplifiée pour atteindre le niveau d’ingénieur. D’abord, s’il n’y a pas de concours en bac+2, c’est parce que la sélection s’est faite avant : pour intégrer une école post-bac, les bacheliers doivent passer des examens de sélection pendant leur année de terminale. La plupart des établissements se sont regroupés en banques d’épreuves communes, nommées Puissance Alpha, Advance ou GEIPI Polytech par exemple. Notons cependant que certaines écoles, à l’instar du groupe INSA, ne recrutent pas via un concours mais grâce à l’examen du dossier scolaire des candidats. De plus, bien que les CPI soient deux années de classes préparatoires moins intenses que les CPGE, elles nécessitent tout de même une capacité de travail et une certaine rigueur. Souvent, l’approche y est plus concrète, et plus spécialisée. En effet, la plupart des écoles post-bac sont focalisées sur un secteur : le numérique, l’agronomie, la chimie, etc… Ainsi, là où la CPGE permet encore à l’étudiant d’affiner son projet professionnel, les écoles d’ingénieurs post-bac supposent que le bachelier sache déjà, relativement précisément, quel type d’ingénieur il souhaite devenir.
*Chiffres issus du Panorama 2023 de la Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs (CDEFI).





