Chronique

[Chronique] L’Europe se met en ordre de marche pour produire des semi-conducteurs

Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter.

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DX1, nouvelle extension de l'usine de puces d'Intel à Hillsboro, dans l'Oregon
DX1, nouvelle extension de l'usine de puces d'Intel à Hillsboro, dans l'Oregon

La crise du Covid a rappelé cette évidence : pas de voitures ou de téléphones portables sans semi-conducteurs.  Comme la plupart de ces puces étaient produites en Asie, on s’est retrouvés nus comme des vers. Incapables ou presque de produire ce dont on avait besoin faute de munitions. Et il en faudra encore plus demain. Impossible de réussir la transition numérique ou verte sans ces semi-conducteurs.

C’est dire s’il était urgent de réagir pour ne pas sortir de l’histoire et dépendre totalement de puissances étrangères. Au moment des tensions entre la Chine et Taïwan, l'accord européen trouvé cette semaine est d’autant plus important. En cas de guerre c’est toute l’économie européenne qui se retrouverait à l’arrêt avec des conséquences économiques encore plus dramatiques que celles de la guerre en Ukraine.

Toutes les parties concernées sont tombées d’accord sur ce que l’on appelle le Chips Act, le règlement européen sur les semi-conducteurs avancés. Il reste encore un vote mais ce devrait être une formalité. Le but : que l’Europe devienne une puissance industrielle en matière de semi-conducteurs. Les 27 pèsent aujourd’hui 10% de la production mondiale de semi-conducteurs. Cette part doit être portée à 20% dans les 10 ans. On doit notamment accélérer la production des puces les plus avancées. Aujourd’hui sur ce segment, on dépend totalement de deux pays asiatiques : Taïwan et la Corée du Sud.

Pour réussir ce challenge, le nerf de la guerre en la matière c’est l’argent. Plus de 40 milliards d’euros vont être alloués à cet énorme défi. Le Chips Act crée aussi une exception dans le droit européen de la concurrence. Il autorise les Etats membres à subventionner la création des mégas usines. En Europe on n'est pas habitué à cela !

Ces usines commencent déjà à sortir de terre. Il y a celle d’Intel en Allemagne. Un projet à 17 milliards d’euros. Ou celle de STmicro avec l’américain Global Foundries en France. Un projet à près de 6 milliards d’euros qui est le plus gros investissement industriel de ces 40 dernières années en France… Pour l'obtenir, la France n’a pas hésité à sortir le carnet de chèque via des subventions. Et d’autres projets sont attendus. Le géant taiwanais TSMC ultra leader sur le marché des puces pourrait se joindre à la course avec le projet d’une mégafab en partenariat avec Bosch, en Allemagne…

Pour réécouter cette chronique et les précédentes, rendez-vous sur le site de France Inter

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