C’est par le biais d’un communiqué que les salariés ont appris, le 21 novembre, l’arrêt de l’unité d’amidonnerie de leur usine Cargill à Haubourdin (Nord).
183 postes vont être supprimés et 19 autres créés. En activité depuis plus d’un siècle, celle-ci accuse un déficit depuis quelques années. "Ces cinq dernières années, nous avons enregistré des pertes de plusieurs millions d’euros, constate Thierry Régnier, responsable du repositionnement du site d’Haubourdin. Les coûts logistiques sont élevés car contrairement à nos sites d’Italie ou d’Espagne, celui d’Haubourdin ne se situe pas sur des zones de production de maïs." De plus, l’activité doit faire face à une concurrence venue des pays de l’Europe de l’Est et à une plus forte valeur ajoutée d’autres matières premières comme la pomme de terre ou le blé.
"Ces dernières années, les pays de l’Est ont investi massivement dans des amidonneries au cœur des champs. Ils ont des coûts de production moindres et sont donc plus compétitifs. Nous allons donc arrêter progressivement cette partie de notre activité qui n’est plus viable," précise Thierry Régnier. 183 personnes sont concernées sur un effectif total de 315 personnes. Pour les syndicats, cette nouvelle arrive comme un coup de massue. "C’est tombé de nulle part, témoigne Dorian Vallois, secrétaire syndical CGT. Nous avons besoin de prendre du recul pour préparer les futures négociations."
La direction va repositionner son activité sur l’extraction d’amidon industriel dit de spécialité, c’est-à-dire, la production d’ingrédients alimentaires et industriels pour lesquels il existe une demande soutenue sur les marchés alimentaire, pharmaceutique et industriel (pâte à papier, carton ondulé). "Nous avons un savoir-faire et une technologie uniques en Europe, assure Thierry Régnier. Et, il y a une croissance forte sur ces marchés."
Grève illimitée et production à l’arrêt
Pour la direction, les suppressions concerneraient 164 postes puisque 19 vont être créés pour répondre à ce repositionnement. "Nous allons mettre en place des mesures d’accompagnement afin de trouver les meilleures solutions pour l’ensemble des personnes concernées," annonce Thierry Régnier. Des propositions de reclassement sur d’autres sites de Cargill sont à l’étude mais des problèmes de mobilité risquent de se présenter. Cargill a bien des sites en Belgique mais qui opèrent sur des industries différentes, comme le chocolat.
Pour l’heure, les syndicats appellent à une grève illimitée. "La production est à l’arrêt. Les postes concernés par cette annonce sont plus nombreux que le chiffre avancé, estime Dorian Vallois. La direction ne tient pas compte des emplois indirects et des sous-traitants."
Une première réunion aura lieu le 28 novembre entre la direction et les représentants du personnel. "Nous espérons réussir à travailler sur un projet commun pour assurer la pérennité du site. Ce dernier permettrait de diversifier l’approvisionnement de l’usine qui aujourd’hui, produit uniquement des ingrédients à partir de maïs", glisse le responsable du repositionnement. Pour l’heure, l’entreprise a encore quelques stocks pour honorer ses commandes.








