Dans un contexte de coup d'arrêt politique des initiatives en faveur du verdissement des pratiques agricoles, De Sangosse maintient le cap. Cette entreprise agenaise est spécialiste des biosolutions, ces alternatives à la chimie de synthèse qui reposent sur des mécanismes naturels - boostés par la technologie. A l'occasion d'une conférence de presse ce 28 octobre, Nicolas Fillon, PDG de De Sangosse, a donné l'orientation pour les cinq prochaines années.
«En tant que pionner et leader des biosolutions en France, nous souhaitons accélérer, a indiqué le patron. Les solutions qui existent actuellement sont loin d'avoir atteint leur plafond : nous pourrions doubler en France les surfaces agricoles qui recourent aux biosolutions, pour atteindre 16% de la surface du pays, avec notre portefeuille actuel.» L'entreprise, possédée par ses salariés, est appelée à doubler son chiffre d'affaires pour flirter avec le milliard d'euros d'ici à 2030.
Deux investissements en production
En 2025, 30% du chiffre d'affaires est réalisé en France, le reste à l'international. Cet équilibre doit être perpétué, alors que De Sangosse dispose de nombreuses réserves de croissance au-delà des frontières hexagonales, au Brésil par exemple.«Nous sortons de cinq ans de croissance annuelle supérieure à 12%, poursuit le dirigeant. Nous lançons de nouveaux produits, cinq en France par exemple cette année. Nous avons toutes les ressources pour atteindre cet objectif de croissance.»L'entreprise alloue chaque année 10% de son chiffre d'affaires à la recherche et au développement.
Des investissements vont donc permettre de soutenir les perspectives de croissance. D'abord côté production : les sites de Pont du Casse (Lot-et-Garonne) et de Carbonne (Haute-Garonne) vont respectivement recevoir 10 et 20 millions d'euros d'investissements pour doper leur production. A Carbonne la production de biostimulants va être doublée, alors que les capacités d'anti limaces de Pont du Casse vont "significativement" augmenter, après deux années où elles auront été particulièrement sollicitées. Dernier point, un centre de R&D flambant neuf va voir le jour au sud de Toulouse, avec une livraison attendue en 2027 moyennant 12 millions d'euros d'investissements.
Une nouvelle approche R&D
Il complétera les 11 centres dont disposait déjà le groupe partout dans le monde. «Nous conservons nos onze centres experts au niveau mondial, détaille Nicolas Fillon. Ce centre a vocation à chapeauter le tout : il y a un énorme gisement d'innovation qui viendra des combinaisons technologiques. C'est l'objectif de ce nouveau centre.» Un combinatoire qui, s'il vise à réduire la dépendance à la chimie conventionnelle, ne s'interdira pas de piocher dans la pharmacopée traditionnelle : «Notre objectif est de baisser l'impact de la chimie traditionnelle, pas de la supprimer, fixe le dirigeant. Nous ne transigeons pas sur les aspects techniques.»





