C’est une molécule plutôt miraculeuse, aux vertus multiples et porteuses : la chitine, principal composant de la structure de l’exosquelette des crustacés et insectes que l’on trouve aussi dans les champignons, pourrait révolutionner les secteurs de l’agriculture, de la santé et même de la batterie électrique dans les années à venir. C’est en tout le cas le pari d’Alpha Chitin, filiale de la holding Comgraf, qui a installé à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) la première usine de chitine et de chitosane, le polysaccharide qui en est issu. Elle est entrée en service en décembre et a nécessité un investissement de 14 millions d’euros.
De 26 à 50 personnes
«Nous produisons aujourd’hui 400 kilos de chitosane par semaine, et nous monterons à 400 par jour dès le mois d’avril, explique Jérome Delay, le directeur général d’Alpha Chitin. Aujourd’hui, nous le fabriquons à partir de larves d’insectes que nous faisons grossir sur le site, mais nous allons ouvrir rapidement à d’autres bioressources alternatives telles que les champignons ou le krill», la molécule pouvant aussi être produite à partir de carapaces de crabes ou de crevettes. À l’heure actuelle, 26 personnes travaillent sur le site, un chiffre appelé à doubler d’ici avril.
L’essentiel de la clientèle d’Alpha Chitin se concentre pour le moment sur le marché nord-américain, en attendant le feu vert de Bruxelles à l’utilisation du chitosane en remplacement de certains pesticides, mais aussi en cosmétique, en pharmacie, dans le traitement de certains cancers et même dans l’électrolyte de certaines batteries.





