Renault : les syndicats exigent plus d’engagements sur les volumes

Neuvième round de négociations chez Renault, où direction et syndicats négocient un accord de compétitivité. Parmi les points les plus bloquants : la garantie que les usines françaises auront suffisamment de charges de production dans les années à venir, et la mobilité entre sites, qu’aucun syndicat n’accepte de rendre obligatoire.

Ligne de production Clio IV, usine de Renault à Flins
Une ligne de production de Clio IV à Flins

Les efforts demandés aux salariés de Renault sont-ils "modérés", comme le dit Arnaud Montebourg ? Direction et syndicats se rencontrent ce mardi 5 février pour la neuvième fois, pour négocier un accord de compétitivité qui pourrait être signé avant fin février.

Si la CGT ne veut pas discuter des propositions faites par la direction, et réclame toujours des engagements sur la stratégie de l’entreprise, CFDT et CFE-CGC sont entrées en négociation et avancent des contre-propositions. Force ouvrière affirme ne pas pouvoir signer cet accord "en l’état". "FO a prouvé sa politique contractuelle dans l’entreprise, en signant de nombreux accords, explique son délégué central, Laurent Smolnik. Mais là, on nous demande de remettre en cause tous ces accords…"

Les points de blocage : mobilité des salariés et temps de travail

Point le plus bloquant : les détachements de personnel entre les usines. Tous les syndicats refusent de rendre cette mobilité obligatoire. "Mieux vaut l’accompagner de mesures qui convaincront des volontaires", estime le délégué central CFDT, Fred Dijoux. Ce syndicat a demandé deux jours de congés supplémentaires par mois pour les salariés en mobilité, la direction en a accepté un. Autre point qui a du mal à passer : l’annulation des accords locaux sur le temps de travail. "Il faut laisser les sites les rediscuter", avance FO, suivi par la CFDT.

Tous attendent surtout des engagements économiques de Renault. La CFDT réclame un "taux d’engagement"  – taux d’utilisation des capacités de production - des usines françaises à hauteur de 70%, contre 57% actuellement. "Sinon cet accord n’assurera pas un avenir à Renault en France", estime Fred Dijoux, qui en fait une condition sine qua non de sa signature. La CFE-CGC, au-delà des volumes qu’elle réclame aussi, exige des engagements plus précis : quelle sera la future gamme de véhicules ? le calendrier du redéploiement ? le rééquilibrage entre usines françaises et étrangères ? le montant des investissements ? "Pour rendre crédibles les annonces de volumes de la direction, il faut border les détails", explique le délégué central Dominique Chauvin. La CFE-CGC veut également des engagements sur les effectifs d’ingénieurs et cadres, l’innovation étant au cœur de la relance de l’entreprise.

L'accord signé par CFDT et CFE-CGC serait valide

Pour être valide, l’accord doit être signé par des syndicats représentant au moins 30% des salariés. La CFE-CGC pèse 29,67%, la CGT 25,16%, la CFDT 19,13% et FO 15,62%. Un accord pourrait donc être signé par CFDT et CFE-CGC. Il est susceptible d’être dénoncé par des syndicats représentant 50% des salariés, ce qui n’est pas le cas de CGT et FO réunies.

Direction et syndicats ne pensent pas conclure aujourd’hui, mais mardi prochain, le 12 février, soit deux jours avant la publication des résultats financiers de Renault.

Cécile Maillard

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