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L'Usine de l'Energie

Combustible sauvé à la centrale nucléaire de Gravelines : « nous avons informé les riverains »

Publié le

Interview de Jean-Michel Quilichini, directeur depuis août 2008 du centre nucléaire de production d'électricité (CNPE) de Gravelines. Ce dernier vient de mettre fin à une opération de sauvetage d’une barre de combustible, restée suspendue durant trois semaines au cœur du réacteur n°1.

Combustible sauvé à la centrale nucléaire de Gravelines : « nous avons informé les riverains » © EDF

Le 9 août,  un assemblage combustible reste accroché aux internes supérieurs et cause 4 semaines de manque à produire pour la centrale de Gravelines. Depuis hier soir, l’assemblage récupéré est stocké sans dommages. Les causes de l’incident restent à ce jour inconnues.

L'Usine Nouvelle.com - Le combustible est désormais en sécurité dans le réacteur. Une grosse frayeur ?

Jean-Michel Quilichini - L’événement survenu le 9 août à la centrale de Gravelines est rare mais pas exceptionnel. Un peu plus de 140 opérations de rechargement du combustible ont eu lieu durant ces trente ans d’existence de la centrale de Gravelines, sans incident de ce type. En revanche, à l’échelle du parc français, c’est la troisième fois en dix ans qu’un assemblage combustible reste accroché aux éléments supérieurs  (en 1999 à Nogent-sur-Seine, en 2008 au Tricastin, NDLR). Cela a conduit EDF à développer une expertise. A chaque fois, l’assemblage a pu être décroché en toute sécurité. 

UN - Combien va coûter à EDF cet arrêt supplémentaire non prévu ?

Arrêt de tranche



Les 58 réacteurs nucléaires français ont été construits sur trois designs seulement : les 900MW, les 1300MW et les 1400 MW. Le parc français suit un cycle de recharge de combustible mixte : certaines centrales sont arrêtées tous les 12 mois, d'autres tous les 18 mois. La centrale de Gravelines est quant à elle composée de 6 réacteurs de 900 MW : pour ces derniers, l’arrêt a lieu tous les ans. L’arrêt permet à la fois de renouveler le combustible, et de réaliser la maintenance des milliers de robinets, pompes, tuyaux et des pièces plus maîtresses du réacteur.

Combien ça coûte ?



Il existe trois types d’arrêt pour les centrales. L’arrêt dit « léger » dure une trentaine de jours : outre le renouvellement du combustible, les opérations indispensables de maintenance sont réalisées (pièces à changer nécessairement chaque année, graissage du matériel...). Montant de la facture pour l’exploitant : environ 3 millions d’euros, selon le directeur de la centrale de Gravelines. L’arrêt « intermédiaire » représente quant à lui 40 à 50 jours : les opérations de maintenance sont plus lourdes et la facture grimpe à une dizaine de millions d’euros d’achat de matériel et de prestations extérieures (auprès d’Areva, Endel, Alstom…). La centrale de Gravelines se situait dans ce cas de figure : elle faisait l’objet d’un arrêt intermédiaire pour cet été 2009, au moment où l’incident de combustible est survenu. Enfin, tous les dix ans, la visite décennale remet tout à plat et constitue une révision de la centrale de A à Z. Ce sera le cas cet automne par exemple pour la centrale de Fessenheim.
JM.Q - L’impact sera significatif à l'échelle annuelle de cette unité de production. L’arrêt programmé a débuté le 2 août. Les opérations de rechargement de combustible et de maintenance devaient normalement durer un peu plus de 42 jours (voir encadré). Durant la période d’arrêt supplémentaire liée à l’incident (du 9 août à aujourd’hui, NDLR), néanmoins, nous avons poursuivi les opérations de maintenance du réacteur sur les parties restées accessibles.  Il est encore trop tôt pour savoir quand nous pourrons redémarrer le réacteur et pour chiffrer les coûts, nous n’avons pas encore évalué finement l’impact que cela aura sur le planning. Du point de vue de l’expertise et du retour d’expérience par ailleurs, nous devons prendre le temps d’analyser les éléments.  Mais nous ne sommes pas inquiets là-dessus.

UN - Comment avez-vous récupéré le combustible ?

JM.Q - Plusieurs solutions techniques étaient possibles. Nous avons tout de suite choisi celle qui avait été employée avec succès au Tricastin en 2008. Même si les relevés dimensionnels n'étaient pas tout à fait les mêmes, avec une différence de hauteur notamment, le principe de l’outil était identique. L’expérience engrangée de Tricastin nous a permis de gagner beaucoup de temps : 4 semaines pour Gravelines contre 7 semaines au Tricastin. C’est presque moitié moins. L’opération de sécurisation, de décrochage et de déplacement de l’assemblage combustible a été réalisée sur trois jours cette semaine, du mardi au jeudi. 

UN - Comment s’organise votre dispositif d’urgence, dans ces cas-là ?

JM.Q - Grâce aux correctifs appliqués sur l’ensemble des réacteurs 900 MW suite à l’incident du Tricastin, des caméras ont très vite décelé le combustible accroché lors du levage des internes supérieurs. Cela nous a facilité la tâche. Nos équipes sur place le dimanche ont des ingénieurs à disposition sur simple appel, et ont pu faire une sollicitation en temps réel. Dès le lundi 10 août, nous nous sommes mis en « pilotage d’aléas techniques » : une équipe projet a été montée, avec des experts d’EDF, d’Areva, dont une partie de l’équipe ayant dû gérer l’incident au Tricastin d’ailleurs, sous le contrôle de l’ASN appuyé par les experts de l’IRSN. Par audio-conférence ou  lors de réunions physiques, nous avons réfléchi aux solutions tout au long du processus.

UN - Comment avez-vous informé les riverains et les élus locaux durant l’incident ?

JM.Q - Nous avons informé la Commission locale d’information et de concertation (CLI), ainsi que la presse locale. Tous les deux à trois jours, nous faisions des points sur la situation, puis tous les jours durant la dernière semaine, lorsque s’est déroulée l’opération de sécurisation, de décrochage et de placement de l’assemblage dans la piscine du bâtiment combustible. Une commission technique aura lieu la semaine prochaine avec la CLI, pour revenir sur cet événement.

UN - Avez-vous une idée des causes de l’incident ?

JM.Q - Pas pour l’instant. Une expertise va être menée pour comprendre les causes, ce qui prendra plusieurs semaines.
 
 


 

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