Avec Cybelia, SystemX s'attaque aux besoins de cybersécurité des industriels

Basé à Paris-Saclay (Essonne), l’institut de recherche technologique (IRT) SystemX a dévoilé, jeudi 20 juin, le programme de R&D Cybelia, destiné à rendre l’industrie plus résiliente face aux cyberattaques. Initié en février, ce projet de quatre ans va notamment travailler sur l'automatisation des analyses dans les Centres opérationnels de cybersécurité (SOC) et l'invention de solutions de sécurité intégrées dans les machines industrielles.

Réservé aux abonnés
System X
Un opérateur de cybersécurité au sein de l'IRT System X, sur le plateau de Paris-Saclay.

Développer des solutions de cybersécurité augmentées et souveraines, afin de renforcer la résistance de l’industrie aux cyberattaques. C’est l’objectif du programme de R&D Cybelia, lancé officiellement le 20 juin par l’institut de recherche technologique (IRT) privé SystemX, en partenariat avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), le Campus cyber et le Comité Stratégique de filière des industries de cybersécurité.

Doté d’un budget de 20 millions d’euros sur quatre ans dans le cadre de France 2030, Cybelia repose sur le travail d’équipes pluridisciplinaires composées à la fois d’ingénieurs cybersécurité et d’experts métiers, afin de développer les solutions les mieux adaptées. «Pendant huit mois, nous avons collaboré avec une quinzaine d’industriels afin d’identifier les besoins prioritaires et les cas d’usages industriels», précise Gilles Desoblin, coordinateur du programme.

Trois cas d’usage identifiés à ce jour

A ce jour, trois principaux cas d’usage ont été identifiés par les ingénieurs du programme Cybelia et ses partenaires industriels. Le premier, «opérateur cyber augmenté», a déjà été lancé et réunit la filiale cyber d'Airbus, Airbus Protect, le gestionnaire du réseau électrique RTE et la plateforme OverSOC. L’objectif : faciliter la prise de décision des opérateurs des Centres opérationnels de cybersécurité (SOC) en s’appuyant sur l’automatisation des analyses grâce à des solutions d’IA générative et des modèles de langages. Mais aussi inventer des solutions qui s’intégreront dans les systèmes industriels, en tenant compte des contraintes opérationnelles et métiers.

«Les experts métiers et les ingénieurs cybersécurité peuvent être situés dans des espaces géographiques très différents, comme c’est le cas pour RTE. Nous allons notamment travailler à la création de plateformes communes permettant de réconcilier l’expertise métier et technique pour faciliter la compréhensionet le partage d’information», précise Gilles Desoblin. L’idée : produire des composants logiciels intégrés dans les systèmes industriels, mais aussi de la documentation et des connaissances, afin que chaque opérateur ait la même connaissance opérationnelle.

Sécuriser le partage de connaissance avec les sous-traitants

Le deuxième cas d’usage, qui démarrera d’ici à 2025, se concentre sur l’automatisation des prises de décision pour les systèmes embarqués (drones, voitures, trains, systèmes de défense, etc.), afin que ces derniers soient capables de détecter et de résoudre les menaces de manière autonome.

Enfin, le troisième cas d’usage, qui sera également initié l’année prochaine, est baptisé «collaborations sécurisées en environnements non maîtrisés». Il vise à développer un système sécurisé de partage de l’information entre un industriel et sa chaîne de fournisseurs et sous-traitants, par lesquels passent de plus en plus de cyberattaques, selon l'Anssi, mais aussi ses clients et filiales. «L’idée est d’améliorer la résilience, mais aussi l’efficience opérationnelle de l’ensemble de la chaîne de sous-traitants, notamment au travers de solutions de chiffrement des systèmes d’authentification à la fois robustes et simplifiés», détaille le coordinateur du programme Cybelia. Un pan formation et montée en compétences des opérateurs y sera intégré.

Pour l’heure, ces solutions sont testées en laboratoire, sur la plateforme d’évaluation des infrastructures cyber-physiques complexes dite CHESS, mise au point par SystemX. L’objectif de l’institut est ensuite d’aller intégrer lui-même ses solutions chez les industriels partenaires afin de faciliter le transfert de l’innovation. «Aujourd’hui, on constate une perte des investissements au moment de l’intégration car cette dernière n’est pas accompagnée par des équipes mixtes permettant d’assurer la continuité», déplore en effet Gilles Desoblin. Reste encore, pour les deux derniers cas d’usage, à identifier les meilleurs partenaires industriels.

Newsletter Innovation
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Ils recrutent des talents
En rejoignant Capgemini Engineering, concevez les systèmes de défense de demain

Partout dans le monde, le contexte géopolitique incite les états à renforcer leurs capacités militaires. Les industries de défense connaissent en conséquence un fort regain d’activité, soutenu par des budgets à la hausse et un agenda d’innovation ambitieux : drones, systèmes autonomes, cyberdéfense… Portée par cette dynamique, la base industrielle et technologique de défense (BITD) française assure la sécurité et la souveraineté nationales tout en contribuant par ses exportations à la prospérité et au rayonnement du pays.

Le témoignage
Inter
E-LEARNING | Loi Sapin 2Opens in new window
Sensibilisation à la lutte contre la corruption
1-30 Septembre 2026
E-Learning
Programme et inscriptionOpens in new window
Conférence
TERRITOIRE & ENERGIESOpens in new window
Collectivités, industriels, énergéticiens : l'événement pour accélérer la production locale d’énergie décarbonée
15 Septembre 2026
Paris
Programme et inscriptionOpens in new window
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs