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Tunisie : Orange pris dans le système de corruption de Ben Ali

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Au cœur des informations révélées par le site Owni.fr : la troisième licence 3G détenue en Tunisie par une filiale d'Orange. L'attribution de ce marché se serait déroulée de façon irrégulière, et l'Etat tunisien n'aurait pas bénéficié des 130 millions d'euros du contrat. Orange pourrait porter plainte contre Owni.

Tunisie : Orange pris dans le système de corruption de Ben Ali © D. R.

Une enquête du site d'information Owni.fr accuse de corruption le groupe semi-public. Pour obtenir la troisième licence 3G de Tunisie, Orange aurait réalisé un montage financier profitant directement à la fille de Ben Ali et à son mari, Marouane Mabrouk. Le gendre du chef d'Etat tunisien aurait ainsi récupéré dans l'affaire 26 millions d'euros. Et l'Etat tunisien, quant à lui, n'aurait jamais touché les 130 millions du contrat d'attribution de la licence.

Fin juillet 2009, Orange investit 95 millions d'euros dans Divona, une société détenue par Marouane Mabrouk. L'opération consiste à acquérir 49% du capital de cette société. La valorisation de la firme passe alors subitement de 2,6 millions d'euros à 128 millions. Orange aurait donc payé un "goodwill" de 25 millions d'euros.

D'après le décret signé par Ben Ali le 13 juillet de la même année, c'est à Divona qu'est attribuée la licence 3G. Le capital de la société de Marouane Mabrouk est alors de 2,6 millions d'euros. Orange Tunisie ne sera créé que quelques mois plus tard, en octobre. C'est pourquoi Owni.fr affirme que personne n'a payé la valeur de la licence, 130 millions d'euros.


Marwan Mabrouk, le gendre de Ben Ali, aurait profité amplement de l'accord avec Orange. Il est actionnaire majoritaire d'Orange Tunisie (51%), via la société Investec. Marwan Mabrouk figure dans la liste des 110 personnalités dont les biens ont été saisis par les autorités tunisiennes de transition. Les syndicats demandent aujourd'hui la nationalisation de ses parts du capital d'Orange Telecom.

En France, les responsables d'Orange ont aussitôt démenti ces informations. Le PDG Stéphane Richard affirme que la moitié de la somme investie "a été versée à l'État tunisien, et pas à l'entourage de l'ex-président". Il ajoute que "la loi tunisienne nous imposait d'avoir un partenaire local majoritaire", sous-entendant qu'aucune autre entreprise n'était prête à s'allier avec Orange.

 

Marc Rennard, vice-président en charge de l'Afrique et du Moyen-Orient, tient la même ligne : "Nous n’avons bénéficié d’aucun privilège pour la licence Orange Tunisie."  Dans un communiqué, le groupe de télécoms a annoncé qu'il étudiait "toutes les options juridiques lui permettant de défendre ses intérêts et son image afin de poursuivre sereinement ses activités en Tunisie". Tentative d'intimidation ou préalable à un procès? L'équipe d'Owni a déjà précisé, via Twitter, qu'elle maintiendrait toute ses informations. L'affaire est sérieuse, et ne s'éteindra pas sur un simple communiqué. 

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