Après plusieurs essais infructueux, TotalEnergies a remporté un appel d’offres pour un parc éolien en mer en France. En consortium avec l’allemand RWE, l’entreprise a annoncé le 24 septembre avoir été choisie par le ministère de l’Industrie et de l’Énergie pour développer, construire et exploiter un parc de 1,5 gigawatt (GW) à 40 km des côtes normandes. Le projet représente un investissement de 4,5 milliards d’euros, le plus important pour TotalEnergies en France depuis 30 ans. La décision finale d’investissement est prévue pour 2029 pour une mise en service du parc en 2033. À cette date, le gestionnaire du réseau RTE aura installé la sous-station électrique en mer, précommandée aux Chantiers de l’Atlantique, et l’aura raccordée à la terre.
Un seuil de rentabilité périlleux
Originalité du projet de TotalEnergies : les principaux équipements, notamment les éoliennes et les câbles électriques, devront être produits en Europe. «La préférence européenne est un engagement fort de la Compagnie», insiste Isabelle Patrier, la directrice de TotalEnergies France. Un engagement cependant pas sans risques. TotalEnergies s’est engagé à un prix de 66 euros le mégawattheure (€/MWh), déjà en augmentation de 50 % comparé à celui proposé par EDF, 44,9 €/MWh, qui a gagné l’appel d’offres Centre-Manche 1, de 1 GW, en 2023, «à cause d’une forte augmentation des prix des matériaux entre 2022 et 2025», explique un expert éolien de TotalEnergies. Même si un mécanisme d’indexation de ce prix sur l’inflation des coûts de matériel ou les aléas de production dérisque en partie l’investissement, TotalEnergies va devoir gérer au plus près la rentabilité du projet. Il va devoir négocier serré avec les fournisseurs pour respecter les coûts et délais. «On a une volonté de se fournir en Europe, mais on ne peut pas exclure qu’à la fin, pour des raisons technologiques, on ne puisse pas se sourcer exclusivement en Europe», reconnaît l’expert de TotalEnergies.
Trouver un remplaçant à RWE
L’industriel n’en est pas encore là. Le design du parc, qui fixerait notamment le nombre et la puissance des éoliennes, n’est pas encore défini. Le port d’attache n’est pas encore choisi entre Le Havre et Cherbourg. Surtout, TotalEnergies ne sait pas encore avec qui il va construire le projet. L’Allemand RWE a déclaré son intention de se retirer du projet. TotalEnergies, qui aurait alors «les capacités techniques et financières» de continuer seul, ne le souhaite pas. «Si RWE confirme son retrait, nous proposerons à l’État un nouveau partenaire dans ce projet», indique Isabelle Patrier, qui sait que des acteurs du secteur sont intéressés. Ce projet de parc, en éolien posé, loin des côtes, est moins risqué que d’autres. Et le nombre de nouvelles opportunités intéressantes se réduit dans un contexte politique incertain.
L’appel d’offres 7 pour le parc éolien Sud-Atlantique au large de l’île d’Oléron n’a fait l’objet d’aucune offre au terme de la période de candidature. Les conditions de vent et l’emplacement ayant refroidi les potentiels candidats, indique un connaisseur du secteur. Les candidatures pour les extensions de parc de l’appel d'offres 9 sont bouclées, et les lauréats doivent être dévoilés en octobre. Tant que la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie n’est pas publiée, des doutes persistent sur le lancement de l’appel d’offres 10, qui porte sur 9,2 GW en six parcs répartis sur toute la façade maritime, qui devait avoir lieu en septembre.








