Toshiba se fait désirer par le fonds d’investissement CVC

Le groupe japonais Toshiba ne ferme pas la porte au fonds d’investissement britannique CVC Capital Partners qui propose de le racheter. Il lui demande de clarifier et compléter son offre de façon à répondre à des questions clés comme celles du financement de la transaction ou de l’obtention des autorisations règlementaires.

 

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Toshiba, un fleuron industriel japonais convoité par le fonds CVC.

Toshiba, par la voix du président de son conseil d’administration, Osamu Nagayama, a confirmé, le 9 avril 2021, avoir reçu une offre non sollicitée du fonds britannique CVC Capital Partners pour son rachat qui conduirait à sa sortie de la côte de la Bourse de Tokyo. Il s’est bien gardé de dévoiler le montant de l’offre qui se situerait selon la presse japonaise autour de 2 000 milliards de yens, l’équivalent de 20 milliards de dollars.

Ni oui, ni non. Osamu Nagayama s’est contenté de mettre le doigt sur l’insuffisance de la proposition de CVC Capital Partners et demande de clarifier l’offre afin qu’elle puisse être examinée plus en détails par le conseil d’administration. Trois points clés sont mis en exergue.

Un large spectre d'activités

Le premier est l’étendue des activités de Toshiba, un des fleurons industriels du Japon couvrant un large spectre d’activités, des composants électroniques comme les semi-conducteurs jusqu’aux centrales nucléaires, en passant par les automatismes, les batteries, les systèmes d’impression, ou encore les équipements d’infrastructure d’eau, d’énergie et de transports. Le groupe compte 125 000 salariés dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 31,4 milliards de dollars sur l’exercice fiscal clos en mars 2020. Sa capitalisation boursière flirte avec les 2 000 milliards de yens.

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Sa présence dans des activités sensibles comme le nucléaire ou la défense rend la transaction risquée et complexe sur le plan règlementaire. Il est demandé à CVC Capital Partners de préciser comment il entend mener les démarches pour obtenir le feu vert du gouvernement japonais.

Sur le plan du financement, l’offre est jugée à ce stade pas assez aboutie. CVC Capital Partners prévoit de faire appel à des co-investisseurs pour financer l’opération, ce qui demanderait du temps, sans certitude de trouver des partenaires financiers.

Retour en Bourse

Une chose est sûre : Toshiba n’entend pas se faire brader. Le groupe, qui a connu de longues années de difficultés liées au scandale financier (falsifications comptables visant à minimiser pendant sept exercices consécutifs les pertes dans des activités volatiles comme les PC, la télévision ou les composants électroniques), s’estime aujourd’hui sorti de l’ornière au prix d’une cure sévère qui lui a fait perdre la moitié de sa taille en l’amputant d’activités aussi emblématiques que la télévision, l’électroménager, le médical, les PC ou encore les mémoires flash NAND. Un redressement consacré par son retour à la Première Section de la Bourse de Tokyo le 29 janvier 2021 après en avoir été exclu en août 2017.

Ironie du sort, le directeur général de Toshiba, Nobuaki Kurumatani, est un ancien de CVC Capital Partners. Il dirigeait la filiale japonaise du fonds avant d’être porté en avril 2018 à la tête du groupe pour justement tourner définitivement la page du scandale financier et regagner la confiance des investisseurs et créanciers. Depuis 2020, il s’emploie à remettre l’entreprise sur le chemin de la croissance avec pour leitmotiv les systèmes cyberphysiques et l’ambition de faire de Toshiba le leader mondial de cette révolution technologique en 2025.

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