La branche acier de Thyssenkrupp ne basculera pas sous pavillon britannique. Mercredi 17 février, le sidérurgiste allemand a annoncé la fin des discussions sur une possible acquisition de Thyssenkrupp Steel Europe par Liberty Steel. Malgré les difficultés du secteur de l’acier pendant la crise sanitaire, Thyssenkrupp s’est réjoui d’une reprise le 10 février à la présentation des résultats pour le premier trimestre de son exercice fiscal.
Des désaccords sur la valeur de l’entreprise
Liberty Steel (une filiale du conglomérat GFG Alliance) avait dévoilé son offre sur Thyssenkrupp Steel Europe en octobre 2020, avant de la confirmer fin janvier. D’un côté, il y avait l’appétit insatiable du groupe britannique qui s’est déjà offert France Rail Industry à Hayange (Moselle) et l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord). De l’autre, il y avait une branche acier de Thyssenkrupp en pleine tourmente dans un contexte de surcapacité mondiale de la production d'acier et de chute des prix.
Mais la question du prix semble avoir divisé les deux entreprises. "Nous avons ouvert la porte aux négociations mais, en fin de compte, nos idées sur la valeur de l'entreprise et la structure de la transaction étaient très éloignées”, explique dans un communiqué Klaus Keysberg, directeur financier de Thyssenkrupp. “Nous regrettons cette décision car nous considérions Liberty Steel comme un partenaire sérieux dans le projet. Il est maintenant important pour nous d'assurer la viabilité future de notre entreprise sidérurgique par nos propres moyens”, ajoute-t-il, évoquant la transition vers l’acier bas carbone.
“Les affaires reprennent”
Une amélioration de la situation de Thyssenkrupp pourrait également expliquer ce revirement. Au premier trimestre (octobre à décembre) de son exercice décalé, Thyssenkrupp Steel Europe a rapporté une hausse des prises de commandes de 17 % et des ventes de 7 %. Le bénéfice d'exploitation ajusté (Ebit) s'élève à 20 millions d'euros au premier trimestre, contre une perte de 127 millions à la même période l'an dernier. “Après l'effondrement sans précédent de la demande liée à la pandémie au printemps et à l'été 2020, les affaires reprennent à présent”, s’est réjoui le groupe allemand.
Le revenu net pour l'ensemble du groupe a atteint 239 millions d’euros au premier trimestre de l'exercice (contre -125 millions l'an dernier), malgré des ventes en baisse de 3,95 % à 7,3 milliards d’euros. Pour l’ensemble de son exercice 2020-2021, Thyssenkrupp prévoit des ventes inférieures au niveau d’avant crise. En fonction de l’évolution de la pandémie, le groupe s’attend tout de même à une croissance à un chiffre.








