Les papeteries de Condat, au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), vont pouvoir poursuivre leur histoire centenaire : la Nouvelle-Aquitaine et l’État ont annoncé le 13 février 2020 le déblocage de 33 millions d’euros pour venir au secours de l’entreprise. Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, s’est rendue sur place
pour confirmer l’octroi d’une aide de 14 millions d’euros, via l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Elle sera destinée à l’implantation d’une nouvelle chaudière, à combustible solide de récupération, qui devrait permettre de réduire de près de 30 000 tonnes par an les émissions de CO2.
"Un nouveau chapitre"
Le groupe Lecta, propriétaire du site, complètera sur ses fonds pour acheter ce nouvel équipement, estimé à 33 millions d’euros et qui devrait être livré fin 2021. "Je veux souligner le remarquable travail des équipes de Bercy qui ont réussi à trouver un accord équilibré, après des mois de négociation avec les actionnaires et les créanciers de Lecta, où chacun a fait sa part. Avec l’Ademe, notre opérateur, nous permettons au site de réduire drastiquement ses émissions de CO2 tout en regagnant de la compétitivité. Les investissements qui viennent d’être lancés marquent donc un nouveau chapitre de l’histoire de Condat et je veux ici remercier la région, qui par son financement inédit a à nouveau témoigné de son indéfectible engagement au service de l’industrie", s’est félicitée Agnès Pannier-Runacher.
"Réembaucher demain"
La région a consenti un prêt sans intérêt de 19 millions d’euros. "C’est le plus grand plan de sauvetage industriel en Nouvelle-Aquitaine", a rappelé Alain Rousset, le président (PS) du conseil régional, présent lui aussi en Dordogne. Cette aide permettra notamment la modernisation d’une ligne de production pour confectionner du papier adhésif. En tout, ce sont 92 millions d'euros qui vont être investis pour faire évoluer le site de Condat. La direction du groupe Lecta -qui vient de voir ses actionnaires réduire de moitié sa dette pour la passer à 300 millions d’euros - a assuré qu’elle ne procéderait à aucun licenciement sec des 400 salariés, et même avancé l’objectif de "réembaucher demain". En attendant, des départs en retraite non remplacés devraient bel et bien avoir lieu…








