Dans le cadre du plan France 2030, Abionyx Pharma a remporté l’appel à projets « i-Démo », récompensant les innovations en biothérapies. La biotech toulousaine a ainsi obtenu 8,7 millions d’euros de Bpifrance pour financer le développement clinique de son apolipoprotéine, CER-001. « Le biomédicament que nous développons est une reproduction à l'identique d'une protéine naturelle, l'apoA-I, troisième protéine la plus abondante dans le corps humain », explique Cyrille Tupin, directeur général d'Abionyx.
Mimant sa structure, le candidat-médicament possède également les mêmes propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et de modulation immunitaire. « CER-001 est notamment capable de favoriser l'élimination des lipides toxiques jouant un rôle important dans la réaction inflammatoire, en permettant leur transport jusqu'au foie, qui se débarrasse ensuite de ces déchets, via la bile » poursuit le dirigeant.
Des fonctionnalités importantes qu'Abionyx Pharma cherche actuellement à prouver dans un essai de phase II, évaluant le médicament dans le traitement du sepsis. Caractérisée par une réponse immunitaire incontrôlée à une infection, cette affection entraîne généralement des défaillances multi-organiques et est associée à une mortalité élevée. Selon les chiffres avancés par la biotech, le sepsis serait la troisième cause de mortalité dans le monde, provoquant près de 11 millions de décès, chaque année, sur les 49 millions de personnes qui y sont confrontées. « Dans le cas du sepsis, on constate un effondrement de l'apoA-I, ce qui augmente les probabilités de décès pour le patient », développe Cyrille Tupin. « CER-001 permet de compenser l'apport insuffisant en apoA-1, comme le fait l'insuline dans le cas du diabète, par exemple. »
Un ancrage français

« Tout est fabriqué en France », vante le dirigeant. Abionyx Pharma est fier de son circuit de production entièrement réalisé dans l'Hexagone. « Tout d'abord, l'étape de culture cellulaire est assurée par Fareva et GTP Bioways, sur le site de Saint-Julien-en-Genevois. La purification se déroule ensuite à Pompey, au nord de Nancy, sur le site d'Axplora. Enfin, la protéine pure est envoyée à Toulouse, chez GTP Bioways, pour être assemblée à des phospholipides », détaille Cyrille Tupin.
Grâce à l’obtention de ce financement par Bpifrance, Abionyx Pharma entend poursuivre le développement de son candidat-médicament vers une phase III, avant d’engager des demandes d’autorisation de mise sur le marché en Europe et aux États-Unis. « Nous espérons obtenir les autorisations de mise sur le marché d'ici à 2030 », projette le directeur de la biotech. Abionyx Pharma travaille également à étendre les indications du CER-001 à la déficience LCAT, une maladie rare, ainsi qu’aux maladies inflammatoires sévères, en ophtalmologie ou en neurologie, notamment.





