« Pire qu’une faute, c’est une erreur » : Elipso convoque Talleyrand pour fustiger l’annonce de Gabriel Attal le 30 janvier dernier, dans son discours de politique générale, qui « passe l’économie circulaire des emballages plastique au hachoir ». Après les organisations des transformateurs Plastalliance et Polyvia, c’est au tour du syndicat des fabricants d’emballages plastique de réagir à l’idée du Premier ministre de réduire la pollution plastique en ciblant « les 50 sites qui mettent le plus d’emballages plastique sur le marché ».
L’association professionnelle s’explique : c’est « une erreur de penser résoudre la pollution par le « tout réduction » des emballages plastique, qui ne constitue pas une politique environnementale mais un mantra sans justesse et sans raison ». Et Gaël Bouquet, son délégué général, pointe « l’erreur du problème mal posé » et « le marketing politique tapageur ».
Discrimination matière illégale
Elipso conteste d’abord la similarité de l’initiative avec celle concernant les 50 sites industriels les plus émetteurs de CO2 : « elle vise une profession industrielle spécifique en instaurant une « discrimination matière » parfaitement illégale ». En outre, « en aucun cas, elle ne remédie à la pollution ». De rappeler que, selon plusieurs études, la discrimination à l’encontre des emballages plastique va plutôt à l’encontre des objectifs environnementaux, avec une augmentation du poids des emballages ménagers et des émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie des contenants.
Pour une approche par les fonctionnalités
La filière préfère en appeler à la méthode et à la raison dans les débats alors même qu’elle est engagée depuis longtemps dans l’économie circulaire. « Le politique doit veiller à l’homogénéité et la cohérence du tryptique « réduction-réemploi-recyclage », et ne pas affecter de façon irréaliste l’emballage à usage unique », plaide-t-elle. Souhaitant éviter une guerre des matériaux, Gaël Bouquet invite à s’engager « vers une approche par les fonctionnalités : chaque matière dispose d’avantages et d’inconvénients ; c’est à partir du « cas d’usage » qu’il nous faut construire une architecture cohérente et efficace sur le plan écologique ».








