Les Vingt-Sept veulent plus se coordonner dans la défense et acheter «made in Europe». Les députés et le Conseil européen se sont entendus jeudi 16 octobre sur la création du premier programme européen pour l’industrie de la défense (EDIP). Son but est notamment de renforcer les multinationales, ETI et les plus de 2000 PME qui composent la base industrielle de la défense (BITD) européenne.
Préférence européenne
Ce programme EDIP sera doté de 1,5 milliard d'euros sous forme de subventions délivrée par l’Union européenne (UE) d'ici au 31 décembre 2027, et envisage plusieurs contributions financières complémentaires. Il s’ajoute à une panoplie d’autres mesures et fonds débloqués au court de l’année 2025 pour l’achat d’armes et d’équipements militaires, alors que les dépenses des Etats membres en la matière s'annoncent record.
La question de la préférence européenne a finalement obtenu gain de cause. Idée poussée notamment par la France, tous les Etats membres n’y sont pas aussi acquis, l’achat d’arme outre-Atlantique étant encore conséquent. Les Etats-Unis ont en effet fourni 64% des armes des Etats européens membres de l’Otan entre 2020 et 2024. Les négociations ont ainsi arrêtés une condition : que le coût des composants dont l'origine est extérieure à l'UE et aux pays associés ne dépasse pas 35% du coût estimé des composants du produit final», précise le Conseil européen dans un communiqué. Les pays associés sont les Etats de l’EE, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège.
Stimuler la demande pour la BITD
L’Ukraine est également associée à cet effort. L’EDIP doit établir un cadre juridique pour les projets européens de défense d’intérêt commun. Ceux-ci devront impliquer au moins quatre États membres, pour être éligibles au financement, et Kiev pourra y participer. Enfin, un «mécanisme européen de ventes militaires» fonctionnera comme un «catalogue centralisé de produits et services de défense» fournit par la BITD européenne, dans le but de stimuler la demande pour ces entreprises au chiffre d’affaires annuel combiné estimé à 70 milliards d’euros.
Pour devenir une loi, l’accord doit être approuvé officiellement par le Parlement et le Conseil. Les commissions parlementaires de l’industrie, la recherche et l’énergie (ITRE), et de la sécurité et la défense (SEDE) organiseront conjointement leur vote lundi 20 octobre prochain.








