Turbomeca fabriquera des pièces de moteur par impression 3D... en série

Turbomeca fait de l’impression 3D une réalité industrielle. La filiale de Safran est en train d’introduire le procédé dans son usine d’assemblage des moteurs, à Bordes (Pyrénées-Atlantiques).

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TURBOMECA

La très médiatique impression 3D prend peu à peu corps dans l’industrie. Et Turbomeca le prouve. Cette filiale du groupe Safran, spécialisée dans les moteurs d’hélicoptères, s’apprête à annoncer l’introduction d’un équipement d’impression 3D au sein de son usine de Bordes (Pyrénées-Atlantiques). En ligne de mire : la production en série de pièces de moteurs.

Après des années de recherches et d’essais, Turbomeca emboîte le pas de groupes tels que General Electric, Safran et Pratt & Whitney dans l’impression 3D dédiée au secteur aéronautique. Dans le détail, ce sont des injecteurs de la chambre de combustion du moteur Arrano et des tourbilloneurs pour l’Ardiden 3 qui seront produites. Il s’agira dans les deux cas de pièces en alliage base nickel fabriquées par fusion de poudre par laser.

Une technologique qui se développe comme une trainée de poudre

Pourquoi produire ces pièces avec ce type de procédé, encore mal maîtrisé ? "Car elles sont de formes complexes, produites en grand nombre mais comme elles ne tournent pas, elles subissent de moindre contraintes mécaniques", explique un porte-parole du groupe. Autrement dit, Turbomeca se lance dans l’impression 3D avec des pièces techniques mais pas critiques. De quoi faciliter leur introduction dans des appareils en vol, tant les exigences de certification sont grandes dans l’aéronautique.

Une stratégie qui rappelle celle de CFM International (joint-venture entre General Electric et une autre filiale de Safran, Snecma) : le Leap, qui équipera les futurs A320neo, Boeing 737MAX et C919 de Comac, contiendra lui aussi des injecteurs fabriqués via l’impression 3D. Turbomeca préfère ne fournir aucune estimation sur le montant de l’investissement, mais nul doute ne règne sur le développement industriel de l’impression 3D sur la chaîne de production.

"Oui, cette technologie est intéressante, mais elle ne pourra pas se généraliser à l’ensemble des pièces du moteur, nuance le porte-parole du groupe. Elle n’en est qu’à ses débuts, il est donc impossible de dire si elle est adaptée à des pièces qui tournent dans le moteur". Seule certitude : elle devrait peu à peu trouver sa place aux côtés d’autres technologies de production.

Olivier James

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