Le PDG de Total, Christophe de Margerie, a fait une confession inattendue au quotidien économique britannique Financial Times ce mercredi 26 septembre. L’exploitation de pétrole dans l’Arctique est trop risquée.
C’est la première major à prendre cette décision de manière explicite. Mais ce n’est pas seulement une position écologique. Pragmatique, le patron français s’explique : "Une fuite ferait trop de dommage à la compagnie". Il ajoute que le risque de marée noire dans une zone si fragile est trop important.
Pour autant, il ne renonce pas aux explorations gazières dans la zone polaire. L’effet d’une fuite serait moins grave et plus facile à contrôler, juge-t-il. Ainsi, Total est toujours engagé aux côtés de Gazprom dans le projet géant de Chtokman, dans les eaux russes de la mer de Barents. Néanmoins, le projet est repoussé en raison de son coût prohibitif.
D’autres pétroliers comme Statoil, ExxonMobil ou Shell continuent leurs explorations des zones froides, malgré les conditions extrêmes qui y règnent. Le Financial Time rappelle que Shell a, pour sa part, renoncé à son premier forage en Alaska après 20 ans de préparation et 4,5 milliards de dollars investis
Total prend cette position unique dans le monde pétrolier, au lendemain de la décision de la cour de cassation sur l’Erika. Cette dernière a confirmé la condamnation prononcée en appel en 2010 pour la marée noire qui avait souillé les côtes bretonnes en 1999.





