Total a signé l’année dernière son meilleur exercice depuis 2008. Le groupe a réalisé un bénéfice de plus de 12 milliards d’euros, notamment grâce au cours élevé du pétrole. Cela a permis de compenser un léger recul de la production, étroitement lié à la situation syrienne. Le bénéfice net a augmenté de 11% à 11 milliards d’euros. Et le groupe a investi 16 milliards d’euros. Des profits insolents ? "Non, assure Christophe de Margerie. Ils sont le pendant de nos investissements".
Une montée à 30% dans le projet Ichthys
En 2012, le groupe français entend conserver la même dynamique, et ainsi consacrer 15 milliards d’euros aux investissements. Le premier, Christophe de Margerie l’a confirmé ce matin, devrait concerner le projet gazier géant Ichthys. Le groupe est en train de négocier avec son partenaire nippon Inpex afin de porter de 24 à 30% sa part dans le projet, en Australie.
Ce gisement gazier sous-marin situé au large des côtes australiennes, doit fournir à lui seul près de 9% de la consommation annuelle de gaz du Japon. En effet, après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le pays est devenu très dépendant de cette forme d'énergie. Ichthys devrait produire 8,4 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an.

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Croissance de la production de 2,5% jusqu’en 2015
"Nous confirmons que la production devrait croître de 2 à 3% l’année prochaine", a assuré un représentant du groupe devant la presse. Ces estimations restent cependant très dépendantes d’une variable, la Syrie. Le pays produit 30 000 barils par jour.
Au menu des prévisions 2012, Total a également annoncé un programme d’exploration plus ambitieux, et une restructuration de l’aval pour une "amélioration de 5% de la rentabilité". Cela devrait passer par une adaptation du système industriel aux Etats-Unis et en Europe, en se concentrant notamment sur les grandes plateformes. Total mise aussi sur l’Asie et le Moyen-Orient, "pour bénéficier de la croissance des pays émergents et accéder à des ressources en pétrole et en gaz".
Des efforts sur l’aval déjà entamés en 2011, sur la raffinerie de Normandie notamment. "Nous avons investi 1 milliard d’euros dans ce complexe en 2010 et 2011. Peu d’industriels ont investi autant sur leur site", s’est félicité Christophe de Margerie.
Quant à savoir si Total examinera la question du nucléaire l’année prochaine, le PDG esquisse un sourire. "Heureusement, nous avons regardé la possibilité du nucléaire d’assez loin. Il n’y a aucune opportunité pour une compagnie comme la nôtre".
1,2 milliard d’impôts en France
Et le groupe prend bien le soin d’anticiper les polémiques. "Total va payer 1,2 milliard d'euros d'impôts cette année en France, dont 300 millions au titre de l'impôt sur les sociétés", a expliqué Christophe de Margerie. En effet, l'an dernier, le groupe n'avait pas payé d'impôts sur les sociétés car ses activités françaises étaient déficitaires.
Mais "cette année, nous paierons les deux", a-t-il précisé, soit l’impôt sur les bénéfices des sociétés et les autres impôts et taxes classiques que le groupe paie chaque année en tant que société française.
Christophe de Margerie a tenté de couper court aux "fantasmes de superprofits". "Réaliser des pertes ne nous rendrait pas plus sympathiques", a-t-il précisé. "Notre participation à l’industrie française est utile".





