Pour sa première participation au Mondial de l’Auto Plastic Omnium n’est pas venu les mains dans les poches. Sur son stand l’équipementier présente un drôle de cylindre. Il s’agit d’un réservoir à hydrogène haute-pression tenant une pression allant jusqu’à 700 bars, prévu pour équiper les voitures de demain.
La partie centrale est en plastique classique et elle est recouverte d’une couche de fibre de carbone. L’équipementier a voulu que ce prototype de stockage hydrogène prenne la même place qu’un réservoir classique, pour ne pas changer la taille de la voiture. Même chose pour son autonomie : entre 500 et 600 kilomètres, équivalente à celle d’un réservoir à carburant. Et beaucoup plus importante que celle d’une voiture électrique à batterie. "Pour qu’une batterie atteigne cette autonomie, il faudrait qu’elle pèse 1,5 tonne et son coût s’élèverait à 15 000 euros", compare un porte-parole de Plastic Omnium. Autre avantage avancé par l’équipementier : la voiture pourra se recharger en trois minutes avec un réservoir à hydrogène, contre plusieurs heures pour une batterie.
Une start-up créée avec l’israélien Elbit Systems
Pour développer cette technologie, Plastic Omnium a créé, avec la société israélienne Elbit Systems, une start-up spécialisée dans les piles à combustible et les super-condensateurs baptisés POCellTech. Un centre de recherche commun vient d’ouvrir à Caesarae en Israël. Elbit Systems travaille principalement pour l’aéronautique et la défense. L'entreprise qui réalise plus de 3 milliards de chiffre d'affaires a développé une gamme de super-condensateur et une pile à combustible à très faible teneur en métaux précieux. C’est cette expertise qui intéresse Plastic Omnium.
Deux fois plus cher qu’un réservoir classique
Pour le moment, les capacités de production pour les réservoirs à hydrogène sont très faibles. Le sous-traitant travaille à l'optimisation du process afin de produire plus et réduire les coûts de production. Un réservoir à hydrogène est environ deux fois plus cher à produire qu’un réservoir classique. Le sous-traitant a également investi 50 millions d’euros pour la construction d’un centre de R&D dédié aux nouvelles énergies à Bruxelles. 200 ingénieurs y seront embauchés. L’ouverture est prévue pour 2019. Sur le salon, une voiture fonctionnant à l’hydrogène fait sensation : la Toyota Miraï. Elle est commercialisée au Japon depuis fin 2014, en Europe depuis 2015. En France le premier Mirai a été vendu en septembre à la société Air Liquide.





